Nouveau record mondial pour la crise politique belge
289 jours après les élections de juin dernier, la Belgique n'a toujours pas de gouvernement. Hier (29 mars), elle a remplacé l'Irak en établissant le record de la plus longue période sans gouvernement officiel. Ce nouveau record a toutefois été plus remarqué à l'étranger qu'au sein même du pays.
289 jours après les élections de juin dernier, la Belgique n'a toujours pas de gouvernement. Hier (29 mars), elle a remplacé l'Irak en établissant le record de la plus longue période sans gouvernement officiel. Ce nouveau record a toutefois été plus remarqué à l'étranger qu'au sein même du pays.
C’est dans l’indifférence que la Belgique a battu le record de la plus longue crise politique qui était jusqu'à présent détenu par l'Irak.
Mais contrairement à l'Irak, où en 2010 des citoyens avaient jeté des chaussures contre des personnages politiques en carton pour marquer leur désillusion, aucun évènement spectaculaire n'a eu lieu en Belgique.
La presse belge semble avoir accordé moins d'attention à ce nouveau record que les médias étrangers.
La plupart des articles dans la presse belge mentionnent la « révolution des frites » organisée par des étudiants dans plusieurs villes, une référence ironique aux « révolutions du Jasmin » qui ont fleuri dans les pays arabes.
A Bruxelles, Anvers, Namur et Gand, les places ont été renommées « Place des Frites » pour marquer l'occasion. Selon la presse, quelques 5000 personnes se sont vu offrir des frites dans les rues du pays,
Les étudiants scandaient le slogan : « Le séparatisme : pas en notre nom ».
Spécialité nationale des deux côtés de la frontière linguistique, les frites sont considérées comme un symbole d'espoir pour l'union du pays.
Toutefois, ces évènements peuvent sembler modestes en comparaison avec la manifestation « Shame » du 23 janvier qui avait rassemblé 15 000 personnes dans les rues de Bruxelles sur l'initiative de cinq étudiants, qui avaient pour ce faire utilisé les médias sociaux.
En fait, le gouvernement en affaires courantes d'Yves Leterme, un Chrétien-démocrate flamand, semble plutôt bien s'en sortir. Ce gouvernement est parvenu à adopter un budget pour 2011 et, malgré son mandat limité, a envoyé des avions de combats pour renforcer la zone d'exclusion aérienne en Libye.
Les pires scénarios, qui prévoyaient un effondrement économique dû à un manque de confiance de la part des investisseurs, ne se sont pas matérialisés. Le pays a surmonté la crise économique bien mieux que la plupart de ses voisins européens et prévoit une croissance de 2 % en 2011.
La crise politique belge pourrait se prolonger, mais ce n'est en aucun cas inconstitutionnel ou inhabituel. Il fallut 106 jours en 1978-1979, 148 jours en 1987 et sept mois en 2007 pour mettre en place un nouveau gouvernement.
Les négociations pourraient évoluer si le parti d'Yves Leterme, le CD&V, prenait ses distances de la N-VA, le parti flamand séparatiste de Bart De Wever qui est aussi l'homme politique flamand le plus populaire.
M. De Wever, qui avait toujours été soutenu par le CD&V jusqu'à présent, a été critiqué par M. Leterme la semaine dernière pour son inflexibilité.
Selon les sondages cependant, il serait risqué pour les Chrétiens-démocrates flamands d'exclure la N-VA des négociations si des élections anticipées devaient être organisées. En effet, les derniers sondages montrent qu'en Flandres, la N-VA gagne sans cesse des partisans.