Nouvelle aide à la Grèce d’ici la fin du mois
La restructuration de la dette du pays n’est "pas une option", a déclaré le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. L’implication du secteur privé est à l’étude.
La restructuration de la dette du pays n’est « pas une option », a déclaré le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. L’implication du secteur privé est à l’étude.
La Grèce pourrait recevoir une nouvelle tranche d’aide de l’UE et du FMI d’ici la fin du mois. A l’issue de la réunion des ministres des Finances des pays qui partagent la monnaie unique (Eurogroupe), lundi 30 mai, son président Jean-Claude Juncker s’est déclaré « plutôt optimiste ».
La « troïka » constituée de l’Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) est actuellement à Athènes pour évaluer la situation du pays, qui ne parvient pas à respecter ses engagements de réduction de son déficit budgétaire.
M. Juncker, qui est également Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, a indiqué que les trois instances devraient rendre leur verdict en début de semaine prochaine.
Un nouveau plan d’aide de 65 milliards d’euros pourrait combiner des prêts de l’UE et du FMI et des mesures supplémentaires de réduction du déficit, parmi lesquelles un encadrement sans précédent du programme grec de privatisations.
Objectifs manqués
« Il exigerait des gages pour tout prêt supplémentaire et une assistance technique de l’UE – son implication dans le processus de privatisations », a détaillé un responsable européen sous condition d’anonymat.
Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a estimé que, « de toute évidence », la Grèce n’avait pas « atteint les objectifs chiffrés » qui avaient été établis il y a un an, ajoutant que, à ce stade, il ne fallait plus tenir comme acquis que la Grèce sera en mesure de refinancer une partie de sa dette au cours du deuxième trimestre 2012.
D’après le quotidien grec Kathimerini, les ministres des Finances des 17 pays de la zone euro pourraient se réunir lundi 6 juin pour examiner un nouveau plan de sauvetage, ce que le porte-parole de la Commission européenne a toutefois démenti.
L’idée d’accorder une aide supplémentaire aux pays les plus endettés de l’UE se heurte à de fortes résistances dans les rangs conservateurs et nationalistes en Allemagne, aux Pays-Bas et en Finlande, ce qui complique la tâche de l’UE.
« Nous allons essayer de résoudre le problème grec d’ici la fin du mois », a déclaré à la presse Jean-Claude Juncker.
« La restructuration totale de la dette grecque n’est pas une option, elle n’est envisagée par personne. Donc il n’y aura pas de restructuration de la dette grecque », a-t-il dit en réponse à une question.
Interrogé sur une éventuelle implication du secteur privé dans le nouveau plan de sauvetage en préparation pour la Grèce, il a répondu :
« Le problème constitué par l’implication du secteur privé est un problème que nous allons examiner avec toute l’attention requise ».
La participation du secteur privé était jusque-là la condition sine qua non à l’approbation allemande du nouveau plan d’aide. Le quotidien économique Wall street journal, cite, mardi 31 mai, des souces allemandes proches du dossier, et selon lesquelles ce critère ne serait plus à l’ordre du jour. Cette concession devrait faciliter le réechelonnement de la dette grecque.
Lors du sommet annuel du G8 la semaine dernière à Deauville (Calvados), Nicolas Sarkozy avait plaidé en faveur d’une réflexion sur une participation du secteur privé, invité à « prendre une part du fardeau », au sauvetage de la Grèce.