Nouvelle réforme de la stratégie numérique pour créer de l’emploi
Une nouvelle stratégie industrielle électronique visant à la création d’une entreprise similaire à Airbus fait partie des sept nouvelles priorités dévoilées hier (18 décembre) par Neelie Kroes, la commissaire en charge de la stratégie numérique.
Une nouvelle stratégie industrielle électronique visant à la création d’une entreprise similaire à Airbus fait partie des sept nouvelles priorités dévoilées hier (18 décembre) par Neelie Kroes, la commissaire en charge de la stratégie numérique.
La commissaire néerlandaise s'est décrite comme une « battante » et a indiqué que la Commission européenne devait être plus ambitieuse et adopter une stratégie numérique au cours des deux prochaines années. L'objectif est de donner espoir au nombre croissant de jeunes Européens sans emploi.
« Avec un taux de chômage des jeunes de plus de 50 % en Espagne, nous devons comprendre qu'il ne s'agit pas que d'un signal d'alarme, c'est plus que cela. Nous devrions leur redonner espoir et ne pas être confrontés à une génération perdue, voilà le contenu [de cette stratégie] », a déclaré Neelie Kroes.
Elle a affirmé que cette stratégie numérique actualisée entraînerait une hausse du PIB européen de 5 % au cours des huit prochaines années et la création de 3,8 millions d'emplois « à long terme ». Elle a également soutenu les financements européens pour la construction d'infrastructures de l'Internet à haut débit.
Mélange de nouvelles et d'anciennes initiatives
Certaines des sept priorités de la stratégie numérique actualisée de Mme Kroes reprennent des initiatives existantes, même si elle a dévoilé des détails des documents d'orientation à venir.
Elle a par exemple annoncé que la stratégie en faveur du haut débit, dont la publication a été anticipée à février 2013, comprendrait dix mesures dont des recommandations concernant un accès non discriminatoire plus large au réseau et une nouvelle méthode de calcul des coûts pour l'accès de gros aux réseaux à haut débit.
La nouvelle stratégie en matière de cybersécurité, qui devrait également être dévoilée en février 2013, constitue l'une des sept priorités.
Les autres priorités se concentrent sur la mise à jour du cadre du droit d'auteur afin de tenir compte des travaux numériques, le lancement d'une grande coalition entre les secteurs public et privé en vue de promouvoir la création d’emplois dans le secteur du numérique et le cloud computing grâce à un partenariat européen qui exploite le pouvoir d'achat du public.
Approbation du mécanisme pour l'interconnexion en Europe
L'une des sept priorités comprend l'accélération de la mise en oeuvre des services numériques en vue de soutenir le mécanisme pour l'interconnexion en Europe, une proposition visant à allouer 50 milliards d'euros à des projets dans le domaine des transports, de l'énergie et des télécommunications.
>> Lire : José Manuel Barroso présente le plan « interconnexion en Europe »
Neelie Kroes complète ainsi les efforts du Parlement européen afin de protéger le programme des tentatives de coupes budgétaires opérées par les États membres de l'UE, qui ne sont pas parvenus à un accord sur le budget à long terme lors d'un sommet en novembre.
Le mécanisme pour l'interconnexion en Europe a été approuvé hier (18 décembre) dans des rapports adoptés lors d'une réunion commune entre les commissions parlementaires des transports et de l'industrie.
Mme Kroes a récemment annoncé que la Commission lancerait une nouvelle stratégie industrielle pour l'industrie microélectronique et nanoélectronique. Cette annonce concorde avec un sujet qu'elle a exposé dans un discours en mai dernier : elle a déclaré que l'Europe devait développer un « Airbus des puces électroniques ».
>> Lire : Puces électroniques : l'UE veut revenir sur le devant de la scène
Craintes pour le commerce
Les performances relativement mauvaises du continent sur les marchés des puces électroniques, du matériel électronique et des équipements de télécommunications ont soulevé des préoccupations au sein de l'exécutif européen.
Reflétant ces inquiétudes, Karel De Gucht, le commissaire en charge du commerce, a confirmé lundi (17 décembre) qu'il déciderait au cours des mois prochains d'ouvrir ou non une enquête sur les pratiques commerciales d’Huawei Technologies Co, le fabricant chinois d'équipement de réseau et de ZTE Corp. Ces enquêtes constituent généralement un sujet sensible sur le plan politique.
Cette décision devrait être prise sur une base de droit étant donné qu'aucune plainte formelle n'a été déposée contre ces entreprises.
Interrogée sur ces rapports, Mme Kroes a déclaré : « Je sais que M. De Gucht est un vrai libéral et je suis opposée au protectionnisme, il ne s'agit pas d'une question d'isolement du marché. Nous devrions être à la table [des négociations], mais c'est impossible avec l'isolement, parce que sinon nous serions en marge du marché. »
L'UE a récemment reporté une enquête commerciale contre Huawei et ZTE à la suite de plaintes déposées par la chambre des représentants des États-Unis, car les deux entreprises entretenaient « des relations potentielles » avec le gouvernement chinois. La chambre a affirmé que ce gouvernement avait « déjà été reconnu coupable de cyberespionnage ». Les deux entreprises ont démenti catégoriquement ces affirmations.