Olaf Scholz défend son bilan européen et répond à ses détracteurs

Le chancelier allemand Olaf Scholz a lancé une offensive de communication cette semaine, défendant son approche des affaires européennes suite aux critiques sur sa manière de gouverner.

Euractiv.com
Meeting of the European Council in Brussels
La coalition tripartite au pouvoir en Allemagne se déchire depuis des semaines au sujet de la législation sur l’énergie, au point que le chancelier allemand Olaf Scholz a été accusé d’avoir manqué de leadership. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le chancelier allemand Olaf Scholz a lancé une offensive de communication cette semaine, défendant son approche des affaires européennes suite aux critiques sur sa manière de gouverner.

« La question est de savoir si nous en faisons assez pour l’Europe et j’ai envie de dire que oui, nous en faisons beaucoup », a déclaré M. Scholz lors de l’Europaforum organisé mardi (6 juin) par la chaîne de télévision publique WDR.

La coalition tripartite au pouvoir en Allemagne se déchire depuis des semaines au sujet de la législation sur l’énergie, au point que le chancelier a été accusé d’avoir manqué de leadership sur ce sujet. De même, son gouvernement a fait preuve d’un manque de coordination sur la scène européenne, notamment en bloquant à la dernière minute un vote sur l’interdiction prévue des moteurs à combustion.

Selon un sondage commandé par la chaîne, 60 % des Allemands pensent que le chancelier ne parvient pas à promouvoir la cohésion de l’UE.

De son côté, l’opposition a vivement critiqué la gestion des affaires européennes par M. Scholz.

« Au lieu de coordonner avec les autres États membres, le gouvernement se précipite unilatéralement, par exemple en ce qui concerne le plan national d’aide à l’énergie », a confié à EURACTIV Detlef Seif, député au Bundestag responsable des affaires européennes de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le plus grand parti de l’opposition du pays.

Il a également souligné la volte-face sur les moteurs à combustion et l’absence d’accord au sein du gouvernement sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance (PSC).

« Le statut de modèle de l’Allemagne au sein de l’Union européenne est en danger », a averti M. Seif.

Lors de l’Europaforum, M. Scholz a réfuté ces suggestions. « Le problème, c’est qu’il y a des gens […] qui ont une drôle de conception de la politique européenne, croyant que le bonheur tombe sur tout le monde comme à Noël. Ils partent du principe qu’il n’y a pas de place pour les désaccords et les divergences d’opinion dans une relation européenne positive », a déclaré le chancelier.

Prudent comme à son habitude, le chancelier allemand n’a pas pris d’engagement sur plusieurs questions européennes essentielles.

Interrogé sur son soutien à une armée européenne, il a suggéré de se concentrer « d’abord sur ce qui se passe en ce moment ».

M. Scholz a également fait preuve d’hésitation concernant le processus des Spitzenkandidaten au niveau de l’UE en amont des élections européennes de juin 2024. Alors que l’Allemagne a été l’un des principaux partisans du système des candidats têtes de liste, dont elle a inscrit le principe dans son accord de coalition, le chancelier semble à présent rétropédaler sur l’importance du processus.

Si l’idée est à prendre au sérieux, il ne sert à rien d’avoir des candidats têtes de liste s’ils « ne servent à rien » par la suite, estime-t-il.

Une pression accrue

Le chancelier a profité de l’occasion pour clarifier plusieurs questions de communication cette semaine.

Mardi soir, il a défendu sa manière de gouverner lors d’un débat télévisé avec les citoyens, sa troisième apparition dans la presse en quatre jours.

« Je veux plaider en faveur d’une plus grande sérénité face à tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il est important de formuler des objectifs clairs, mais il est tout aussi important de rester calme et de ne pas se disperser », a déclaré M. Scholz.

Selon lui, le débat sur la communication et les désaccords est une distraction. « Nous devrions nous concentrer pour faire du bon travail, et c’est la tâche que j’assume », a-t-il déclaré.

Ces derniers mois, M. Scholz a été soumis à une pression accrue, sa popularité et celle de son gouvernement ayant chuté drastiquement.

Deux tiers des citoyens du pays se disent actuellement mécontents du travail du gouvernement et 82 % de la population allemande pense qu’il doit s’expliquer davantage, selon un sondage publié mardi par l’institut Forsa.

Pour le député CDU Detlef Seif, Olaf Scholz est tout simplement « incapable d’assumer un rôle de leader […] qui esquive confrontation ».