Friedrich Merz envisage de nommer l'ancien secrétaire général du PPE au poste de responsable des Affaires européennes

Le prochain chancelier allemand, Friedrich Merz, envisage de faire de Christian Kremer, ancien secrétaire général adjoint du Parti populaire européen (PPE), son futur conseiller en chef pour les affaires européennes.

/ EURACTIV.com
After the Bundestag election – CDU
Friedrich Merz, dirigeant de la CDU. [Michael Kappeler/picture alliance via Getty Images]

BERLIN — Le prochain chancelier allemand, Friedrich Merz, envisage de faire de Christian Kremer, l’ancien secrétaire général adjoint du Parti populaire européen (PPE), son futur conseiller en chef pour les Affaires européennes.

Alors que la formation d’une coalition bat son plein après les élections de dimanche, plusieurs sources indépendantes ont confirmé à Euractiv que Christian Kremer pourrait devenir conseiller en chef pour les Affaires européennes.

Ce dernier est chargé de discuter de toutes les questions politiques avec les alliés européens, notamment en jouant le rôle de sherpa lors des sommets du Conseil européen. Il est également responsable de la coordination des politiques européennes au sein du gouvernement allemand.

Jörg Kukies, un proche du chancelier Olaf Scholz, occupait ce poste jusqu’à présent, mais ses fonctions ont été reprises par Undine Ruge lorsque Jörg Kukies a été nommé ministre des Finances après l’éclatement du gouvernement de coalition en novembre.

Contrairement à Jörg Kukies — un ancien banquier de Goldman Sachs connu comme le « deuxième cerveau » du chancelier sortant — Christian Kremer est inconnu du grand public et n’a aucune expérience gouvernementale. Il supervise actuellement le dossier des relations internationales en tant que chef du bureau international des chrétiens-démocrates. Il a été recruté dans le cadre d’un vaste remaniement après l’arrivée de Friedrich Merz à la tête de la CDU.

Christian Kremer est pourtant un habitué de Bruxelles, puisqu’il a occupé pendant plus de vingt ans le poste de secrétaire général adjoint du PPE, la famille des partis de centre droit de l’Union européenne.

À ce titre, il a participé à la coordination des chefs d’État et de gouvernement de l’UE issus des rangs du PPE avant les sommets de Bruxelles. Il a quitté ses fonctions en 2022 lorsque Manfred Weber est devenu chef du groupe parlementaire du PPE et il est devenu membre associé du groupe de réflexion GLOBSEC.

Christian Kremer « a travaillé sur de nombreux sujets différents, mais s’intéresse surtout aux solutions politiques pour lutter contre le changement climatique et augmenter notre part dans les sources d’énergie à faible teneur en carbone et sans carbone », selon GLOBSEC.

S’il devient le conseiller du futur chancelier pour les affaires européennes, son influence sur les questions européennes pourrait être nettement plus importante que celle de ses prédécesseurs, car Friedrich Merz souhaite concentrer à la chancellerie le pouvoir de décision sur la politique européenne de l’Allemagne.

Dans le passé, les questions relatives à la politique européenne étaient principalement supervisées par les ministères des Affaires étrangères et de l’Économie. Au début des années 2000, le chancelier de l’époque, Gerhard Schröder, a toutefois contrebalancé cette situation en regroupant les compétences européennes existantes au sein d’un département distinct, dont le chef faisait office de conseiller principal pour les affaires européennes.

Les compétences sont toujours divisées, ce qui a rendu plus difficile l’interprétation de la position de l’Allemagne sur les sujets européens, car les différents ministères ont été divisés entre les différents partis des gouvernements de coalition de l’Allemagne. Friedrich Merz s’est engagé à mettre fin à cette situation.

Kremer serait également responsable de la reconstruction du tandem franco-allemand, que l’Élysée appelle de ses vœux après trois années de morosité sous Olaf Scholz. Les relations diplomatiques entre Paris et Berlin se sont détériorées, avec une certaine frustration à l’égard de Jörg Kukies, qu’un ancien collaborateur de l’Élysée a jugé « catastrophique » dans ses relations avec les Français.

Un porte-parole de la CDU a insisté sur le fait qu’aucune décision n’avait été prise concernant le rôle de Jörg Kukies.