Olaf Scholz met en garde Ursula von der Leyen contre une collaboration avec l’extrême droite
Le prochain président de la Commission ne doit pas collaborer avec les forces d’extrême droite, a averti le chancelier allemand Olaf Scholz, alors que des signes indiquent que Ursula von der Leyen envisage une collaboration plus étroite avec les partis d’extrême droite si elle devait être reconduite.
Le prochain président de la Commission européenne ne doit pas collaborer avec les forces d’extrême droite, a averti le chancelier allemand Olaf Scholz vendredi (24 mai), alors que des signes indiquent que l’actuelle cheffe de l’exécutif de l’UE, Ursula von der Leyen, candidate à sa propre succession, envisage une collaboration plus étroite avec les partis d’extrême droite si elle devait être reconduite.
Mme von der Leyen, membre de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) au niveau national, est la tête de liste du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit pour les Européennes de juin. Jeudi (23 mai), elle a réaffirmé lors du débat électoral des Spietzenkandidaten que son groupe était ouvert à une collaboration avec le parti d’extrême droite italien Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens, CRE) de la Première ministre italienne Giorgia Meloni au sein du Parlement européen pour la prochaine législature (2024-2029).
Bien qu’elle ait souligné que les partenaires potentiels du PPE dans l’hémicycle devaient être « pro-européens, pro-Ukraine et pro-État de droit », le groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D) a averti qu’une telle collaboration minerait les principes de la démocratie.
Le chancelier allemand, issu du Parti social-démocrate allemand (SPD, S&D) s’est exprimé à ce sujet après avoir rencontré le Premier ministre conservateur portugais, Luis Montenegro (Parti social-démocrate, PSD/PPE), vendredi.
Interrogé sur la collaboration avec l’extrême droite par des journalistes, il a répondu : « il est clair pour moi que lorsque la prochaine Commission sera formée, elle ne doit pas être basée sur une majorité qui a également besoin du soutien des extrémistes de droite ».
L’élection de la nouvelle direction de la Commission par les eurodéputés ne sera une réussite que si elle est basée sur des « partis établis », a-t-il ajouté. « Toute autre solution serait une erreur pour l’avenir de l’Europe. »
Olaf Scholz s’est également dit choqué par « l’ambiguïté de certaines déclarations politiques que nous avons entendues récemment », sans toutefois préciser les déclarations auxquelles il faisait référence.
Ce n’est pas la première fois que le chancelier s’élève contre un glissement vers l’extrême droite attendu lors des élections européennes de juin. Son parti semble par ailleurs avoir identifié les craintes d’une telle éventualité comme un moyen de mobiliser ses partisans au cours de la campagne.
Toutefois, les commentaires de vendredi constituent l’avertissement le plus direct adressé au PPE et à sa tête de liste, Ursula von der Leyen de ne pas franchir la ligne rouge qu’est la coopération avec l’extrême droite.
Il s’agit d’un message important pour Mme von der Leyen, dont le groupe est en tête des sondages, car elle doit être désignée par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE au sein du Conseil européen si elle veut être reconduite, dont Olaf Scholz fait partie.
De plus, des États clés dans ce choix, tels que l’Allemagne et la France, sont dirigés par des leaders de familles politiques opposées au PPE (les libéraux centristes en France et une coalition de sociaux-démocrates, de libéraux et de Verts en Allemagne).
Une fois désignée par les Vingt-Sept, Mme von der Leyen devra également être soutenue par le Parlement européen, où elle pourrait avoir besoin des votes d’au moins une partie des eurodéputés du groupe des Conservateurs et Réformistes européens.
Malgré les commentaires de M. Scholz, le gouvernement de coalition tripartie allemand s’est, en principe, engagé à respecter le système des Spitzenkandidaten, selon lequel les dirigeants de l’UE doivent désigner le candidat tête de liste affilié au groupe parlementaire le plus important au terme des élections.
La position de la France a récemment fait l’objet d’interrogation, car des rumeurs ont laissé entendre que le président Emmanuel Macron souhaitait voir l’ancien Premier ministre italien Mario Draghi prendre la tête de la Commission.