Olaf Scholz rallie les pays du G7 à son projet de « club climat »
Les pays du G7 ont apporté leur soutien à l’idée du chancelier allemand Olaf Sholz de créer un « club climat » de pays ambitieux visant à accélérer leurs efforts, qui est considéré comme complémentaire à la taxe carbone aux frontières de l’UE.
Les pays du G7 ont apporté leur soutien à l’idée du chancelier allemand Olaf Sholz de créer un « club climat » de pays ambitieux visant à accélérer leurs efforts, qui est considéré comme complémentaire à la taxe carbone aux frontières de l’UE.
En 2021, Olaf Scholz, alors ministre des Finances, a présenté son projet de création d’un club de pays « ambitieux, audacieux et coopératifs ». Les cibles de l’initiative étaient les pays « qui produisent de grandes quantités d’émissions, notamment la Chine et les États-Unis », les partenaires commerciaux importants de l’UE, les pays qui appliquent un prix sur les émissions de CO2 et ceux dotés d’un large secteur industriel.
Aujourd’hui chancelier, il a réussi à mettre les pays du G7 d’accord.
« Nous devons être plus ambitieux, plus ambitieux afin d’atteindre nos objectifs climatiques. Avec le “club climat”, nous contribuons à ce que nous puissions également respecter cet engagement », a expliqué M. Scholz lors de son discours final au sommet du G7 à Elmau, en Allemagne, le 28 juin.
Dans leur déclaration finale, certains des plus grands pays industrialisés du monde soulignent que le G7 « a pour objectif d’établir un “club climat” » avec « un accent particulier mis sur le secteur industriel » d’ici la fin 2022.
Il s’appuiera sur trois types de mesures.
Premièrement, des politiques ambitieuses d’« atténuation » du climat visant à réduire l’intensité des émissions des économies participantes, dans le cadre desquelles les membres échangeront leurs meilleures pratiques et s’efforceront de parvenir à une compréhension commune des incidences économiques des politiques d’« atténuation », par exemple par une tarification explicite du carbone.
Le deuxième pilier sera la transformation conjointe de l’industrie par le biais du programme de décarbonation industrielle, du « pacte d’action pour l’hydrogène » et de l’expansion des marchés pour les produits industriels respectueux de l’environnement, qui ont souvent du mal à rivaliser en termes de prix avec leurs concurrents à base de combustibles fossiles plus polluants.
Le troisième pilier du « club climat » sera les partenariats et la coopération, la déclaration mettant en avant les « partenariats pour une transition énergétique équitable », qui sont des programmes adaptés à des pays comme l’Afrique du Sud ou l’Inde. Grâce à ces partenariats, les pays recevront un soutien financier et des transferts de technologie en fonction de leur niveau d’ambition climatique.
L’Allemagne, la France et l’Italie étant parmi les seuls grands pays au monde à disposer d’un système de tarification du carbone via le système communautaire d’échange de quotas d’émission (SEQE-UE), le « club climat » s’est éloigné de son objectif initial de tarification du carbone.
« L’annonce d’aujourd’hui sur les clubs climat place la décarbonation de l’industrie au cœur de l’initiative. Si l’idée de se concentrer sur la tarification du carbone s’est essoufflée, le virage vers l’industrie lourde a le potentiel d’accélérer le développement des marchés verts mondiaux grâce à la coopération », a expliqué Domien Vangenechten, conseiller politique au think tank sur les questions climatiques E3G.
L’industrie a également salué l’accord.
« Il est bon que le G7 fasse pression pour la création d’un « club climat » international ! L’objectif est d’unir les pays ayant des ambitions similaires en matière de protection du climat pour éviter les barrières commerciales liées au climat », a expliqué Thilo Brodtmann, PDG de l’association des représentants de l’industrie mécanique VDMA.
La crédibilité de M. Scholz en matière d’action climatique avait déjà été mise à mal par des rapports de presse selon lesquels l’Allemagne chercherait à revenir sur l’engagement pris en 2021 de mettre fin au financement des combustibles fossiles à l’étranger.
L’ancien concept stratégique de 2010, qui est toujours officiellement en vigueur, stipule toujours « qu’il y a la paix dans la zone euro-atlantique », que « la menace d’une attaque conventionnelle sur le territoire de l’OTAN est faible » et que l’un des objectifs est d’avoir un « véritable partenariat stratégique » avec la Russie.
La Russie est donc encore officiellement un partenaire stratégique. « Ce ne sera pas le cas dans le concept stratégique que nous adopterons à Madrid », a déclaré M. Stoltenberg.
« Je m’attends à ce que les alliés déclarent clairement que la Russie constitue une menace directe pour notre sécurité, pour nos valeurs, pour l’ordre international reposant sur des règles. »
Qu’en est-il de la taxe carbone aux frontières de l’UE ?
Alors que les dirigeants du G7 se réunissaient à Elmau, les ministres de l’UE se sont réunis à Luxembourg pour discuter du moment à partir duquel l’UE devrait commencer à pénaliser les importations en provenance de pays tiers non soumis au régime strict de protection du climat de l’UE.
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE, généralement appelé « taxe carbone aux frontières », inquiète l’industrie allemande, et par extension, les dirigeants à Berlin.
Robert Habeck, ministre allemand de l’Économie et du Climat, a mis en garde contre le déclenchement d’une « nouvelle guerre commerciale sous la forme de tarification cachée » par le MCAF en décembre 2021.
Le « club climat » de M. Scholz est pour le moins considéré comme hautement compatible avec le MACF de l’UE, puisque les pays ayant un degré suffisant en matière de protection du climat en seraient exemptés, voire un moyen de le contourner entièrement.
Le chancelier s’est montré plutôt franc à ce sujet envers les pays africains concernés, dont certains sont de gros exportateurs industriels vers l’UE et risquent de perdre une part importante de leur PIB une fois la taxe carbone aux frontières mise en place.
« En tant que président actuel du G7, j’ai particulièrement insisté pour que nos partenaires africains se prononcent également en faveur d’un « club climat » ouvert et qu’ils souhaitent y participer », a déclaré M. Scholz en février à l’issue d’un sommet UE-Afrique.
Ce coup de pouce en faveur d’un « club climat » au lieu du MACF, qui avait été une priorité absolue de la présidence française sortante du Conseil de l’UE (PFUE), est renforcé par les positions anti-MACF exprimées par de hauts responsables allemands.
« Compte tenu notamment des nombreux points d’interrogation du projet européen de mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), ce [club climat] est plus important que jamais », a déclaré M. Brodtmann.