OMC : Sarkozy menace d'opposer son veto lors des négociations [FR]
Le président français Sarkozy a déclaré que son pays mettrait son veto à tout accord de l'organisation mondiale du commerce qui irait à l'encontre des intérêts de l'agriculture française.
Le président français Sarkozy a déclaré que son pays mettrait son veto à tout accord de l’organisation mondiale du commerce qui irait à l’encontre des intérêts de l’agriculture française.
S’exprimant devant les agriculteurs du Nord de la France le 29 mai 2007, N. Sarkozy a indiqué vouloir soutenir le secteur agricole de son pays pour garantir à l’Europe un positionnement agricole fort et un emploi aux jeunes qui souhaitent s’installer comme agriculteurs : « C’est une question essentielle pour nous. Et si on ne comprend pas ça à la table de l’OMC, la France mettra son veto, c’est tout ».
L’attitude de N. Sarkozy décevra à la fois les libre-échangistes et les partenaires commerciaux européens, lesquels avaient espéré que le nouveau président se montre plus flexible que son prédécesseur Jacques Chirac lors des négociations multilatérales du cycle de Doha.
Les négociations se prolongent depuis des années, en raison notamment des désaccords entre les Etats-Unis et l’UE sur la réduction des subventions et des droits de douanes agricoles. Les négociateurs craignent que les discussions soient rompues si un aucn accord n’est conclu d’ici l’été.
Mais selon N. Sarkozy, l’Europe ne devrait pas faire de concessions unilatérale. Se référant aux principales parties prenantes de ces négociations, qui devraient tenir une réunion formelle fin juin 2007 pour poursuivre les négociations, il a indiqué : « Pour l’instant, je ne vois pas les efforts que sont disposés à faire les Etats-Unis. Je ne vois pas les efforts que l’Inde est prête à faire. Je ne vois les efforts que le Brésil est prêt à faire non plus ».
Le président français a également critiqué la tactique de négociation du commissaire au commerce, Peter Mandelson, qui représente les 27 Etats membres de l’UE lors des négociations à l’OMC, estimant « qu’il n’a pas le poids politique pour faire face à des puissances colossales comme le sont aujourd’hui l’Inde, le Brésil, la Chine ou les Etats-Unis ». Il a ajouté que l’UE serait mieux représentée lors de négociations commerciales par le président du Conseil européen, qui suit un système de rotation parmi les Etats membres.
Le commissaire européen au commerce Mandelson, qui propose que l’UE réduise jusqu’à 51% ses droits de douane sur les produits agricoles, au grand désarroi de la France, qui a alors insisté pour qu’il s’attache à suivre la proposition initiale visant une réduction de 39%, a réagi à ces critiques en indiquant que l’UE avait « un grand intérêt » à conclure les discussions à l’OMC, « mais pas à n’importe quel prix ». Il a ajouté être prêt à diminuer sa proposition si d’autres pays ne peuvent y parvenir.
Sur le plan juridique, la capacité de N. Sarkozy à exercer un droit de veto sur les négociations à l’OMC « dépend du contour final d’un [éventuel] accord », les accords commerciaux étant en réalité soumis au vote à la majorité qualifiée au Conseil, à moins qu’ils ne couvrent certains domaines comme la culture, les services audiovisuels, éducatifs, sociaux ou les services de santé, qui exigent l’unanimité.