OTAN : l’intégration effective de la Finlande pourrait prendre des années

La Finlande peut désormais être officiellement membre de l’alliance militaire occidentale, mais le processus d’intégration complet prendra encore du temps, ont indiqué des fonctionnaires à EURACTIV.

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Finland officially joins the NATO
Les ministres des Affaires étrangères du Danemark Lars Lokke Rasmussen, de la Norvège Anniken Huitfeldt, de la Belgique Hadja Lahbib et de l’Allemagne Annalena Baerbock entourent leur homologue Pekka Haavisto lors de sa première réunion en tant que membre à part entière de l'Alliance. [[EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS / POOL]]

La Finlande peut désormais être officiellement membre de l’alliance militaire occidentale, mais le processus d’intégration complet prendra encore du temps, ont indiqué des fonctionnaires à EURACTIV.

La Finlande est devenue le 31e membre de l’OTAN au début du mois d’avril, après un processus d’adhésion d’un an motivé par la menace que la Russie a fait peser sur la sécurité européenne en déclenchant sa guerre contre l’Ukraine.

Une armée très compétente et un alignement avancé sur les normes de l’OTAN ont joué en faveur d’Helsinki, faisant de ce processus d’adhésion l’un des plus rapides de l’histoire de l’Alliance.

Cependant, « l’intégralité du processus prendra du temps », a déclaré un diplomate de l’OTAN à EURACTIV, soulignant que l’adhésion aurait de nombreuses implications pratiques pour les experts et les diplomates de la mission et de la capitale.

« Les personnes […] font souvent l’erreur de supposer que lorsque vous rejoignez l’OTAN, votre ambassadeur s’assoit à la table du Conseil de l’Atlantique Nord, et c’est tout », a expliqué un autre diplomate de l’OTAN.

Or, « il s’agit d’un processus très, très laborieux qui consiste à s’intégrer pleinement à la planification, à la structure de commandement, à savoir exactement qui fait quoi le premier jour d’une guerre […] et ce, dans tous les domaines », a-t-il ajouté.

La Finlande sera désormais prise en compte dans les processus de planification de l’OTAN en matière de dissuasion et de défense, et ses troupes seront placées sous le commandement de l’Alliance. Elle participe également aux exercices de l’OTAN en tant que membre de l’Alliance.

« Pour nous, cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, cela s’est fait au fil des ans. Ce que nous devons faire, c’est arriver au même stade avec la Finlande qu’avec la Suède, et vice-versa », a ajouté le second diplomate de l’OTAN.

« Il nous a fallu des années, et il leur faudra des années pour régler toutes sortes de détails », ont-ils également souligné.

Les obstacles

L’un des principaux problèmes sera l’ampleur du personnel nécessaire, car la mission finlandaise auprès de l’OTAN devra recruter des fonctionnaires supplémentaires pour s’acquitter de ses nouvelles tâches.

La délégation sera bientôt l’une des plus grandes représentations de la Finlande au monde, puisqu’en un an, la représentation a dû plus que doubler en taille, et l’on s’attend à ce que les groupes de travail connexes à Bruxelles et dans la capitale soient également renforcés.

La Finlande prévoit d’avoir 50 personnes dans la délégation de l’OTAN, soit trois fois plus qu’avant sa demande d’adhésion.

En tant que membre, la Finlande se verra également accorder, à terme, un espace au siège de l’Alliance à Bruxelles.

Actuellement, la délégation finlandaise est installée dans l’ancien siège de l’OTAN, construit pendant la Guerre froide, en face du nouveau bâtiment où travaillent les membres.

Alors que la représentation finlandaise déménagera « éventuellement » de l’ancien complexe vers le nouveau « dans les semaines et mois à venir », l’on ne sait pas tout à fait quand le transfert sera achevé, a déclaré un fonctionnaire de l’OTAN à EURACTIV.

Pour l’instant, la Finlande travaille dans un « endroit temporaire », ce qui signifie que les diplomates et les experts finlandais doivent partager leur temps entre les deux sites, faisant la navette plusieurs fois par jour, étant donné que l’accès et les procédures pour entrer dans les bâtiments et partager des données ou envoyer des rapports diffèrent.

Le déménagement pourrait prendre jusqu’à deux ans, a indiqué une source de l’OTAN informée des discussions à EURACTIV.

Ce délai serait principalement une question de sécurité. En effet, l’alliance militaire doit prendre en compte les normes de sécurité nationale dans la « construction » du nouvel espace de la mission au quartier général, qui diffèrent selon les pays.

Adhésion de la Suède

Pour la Finlande, faire entrer la Suède dans l’OTAN est la « priorité principale ».

Les deux pays ont demandé à devenir membres de l’OTAN il y a dix mois, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, abandonnant ainsi des décennies de non-alignement.

« L’adhésion de la Suède à l’OTAN serait un facteur important dans le renforcement de la dissuasion et de la défense de l’alliance », a déclaré un diplomate à EURACTIV.

Outre la Finlande et la Suède, la Bosnie-Herzégovine, le seul pays disposant d’un plan d’action pour l’adhésion (MAP), et la Géorgie ont officiellement informé l’OTAN de leur intention d’adhérer et ont été déclarés « pays candidats » en 2011.

L’Ukraine, pays candidat depuis 2014, a officiellement déposé sa demande d’adhésion en 2022, peu après l’annexion officielle par la Russie de quatre régions ukrainiennes détenues par Moscou.

Bien qu’il semble peu probable que Kiev rejoigne l’alliance dans un avenir proche, les membres centraux et orientaux de l’OTAN font pression pour leur donner une voie claire en vue d’une adhésion une fois la guerre terminée.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]