Pacte budgétaire : l’Allemagne se prépare à l’arrivée d’Hollande
Outre-Rhin, les parlementaires s’attendent à une victoire du candidat socialiste et envisagent de repousser le vote sur le traité.
Outre-Rhin, les parlementaires s’attendent à une victoire du candidat socialiste et envisagent de repousser le vote sur le traité.
La coalition gouvernementale en Allemagne se prépare apparemment déjà à coopérer avec une France dirigée par les socialistes.
« Hollande se trouve en tête. Il a obtenu un très grand nombre des voix, plus que la plupart des candidats socialistes à la présidentielle avant lui. C’est aussi particulier que le président sortant commence la course pour le deuxième tour en partant de la deuxième place. Sarkozy est bon en campagne. Mais les sondages de dimanche prédisent une avance confortable pour Hollande », a déclaré le député allemand et vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU Andreas Schockenhoff, lundi 23 avril à Berlin.
« Hollande a annoncé qu’il refusera de soumettre le pacte fiscal dans sa forme actuelle à l’Assemblée nationale pour ratification. Dans ce cas, aucun autre gouvernement ne peut le proposer à son propre parlement. S’il y a des renégociations, elles doivent être menées très rapidement », a dit M. Schockenhoff.
Changer de rhétorique
Le député allemand, qui préside également le groupe parlementaire franco-allemand, estime que le pacte fiscal pourra être modifié au moins « dans sa rhétorique ». « Nous ne pouvons pas changer la substance, mais la rhétorique. Nous pouvons y mettre un beau paragraphe sur la croissance. Nous pouvons aussi répéter de nouveau ce qui y est déjà dit avec d’autres mots et en expliquant que nous nous engageons aussi à nous préoccuper de la croissance. Comme ça, Hollande pourra dire chez lui : ’J’ai fait en sorte que le pacte budgétaire traite de croissance’. Ces choses rhétoriques, nous pouvons les faire. »
Le Bundestag en attente des français
M. Schockenhoff a rappelé que les élections législatives françaises n’auront lieu que mi-juin. « J’espère que le parlement commencera immédiatement à travailler. Nous ne pouvons pas ratifier ce pacte en Allemagne sans savoir où le voyage nous amènera en France. C’est pourquoi nous allons nous orienter vers la date que l’Assemblée nationale française nous fixe. La question de savoir si cela sera fait avant l’été se pose donc », explique le vice-président du groupe parlementaire conservateur.
Stratégie risquée
Pour le député allemand, la stratégie de campagne « risquée » de Nicolas Sarkozy explique en partie le succès de François Hollande au premier tour. « Je pense que c’était très risqué de miser sur le modèle économique et budgétaire allemand. Je l’ai dit à nos amis de l’UMP, mais c’était le vœu de mes collèges français. Je pense que cette stratégie a finalement bénéficié à Hollande », affirme M Schockenhoff.
Le député ne doute pas de l’unité de la gauche française au deuxième tour. « La grande question, c’est de savoir où les voix de Marine Le Pen vont aller. »