Paris et Madrid proposent un sommet de la zone euro le 25 mars

A Paris, les dirigeants français et espagnol ont souligné que l’Europe et l’Eurogroupe devait aider Athènes «à avancer».

EURACTIV.fr

A Paris, les dirigeants français et espagnol ont souligné que l’Europe et l’Eurogroupe devait aider Athènes «à avancer».

Nicolas Sarkozy et son homologue espagnol, José Luis Zapatero ont demandé, mardi 23 mars, la tenue d’une réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Eurogroupe avant le sommet des 25 et 26 mars à Bruxelles. 

A cette occasion, la France et l’Espagne, qui préside actuellement le Conseil de l’UE, souhaitent aborder le thème de la gouvernance économique de l’Europe. «Il faut renforcer le gouvernement économique européen», a déclaré le premier ministre espagnol, qui a réclamé «plus de coordination» et «plus de coopération» entre les États membres. «Il faut que l’Europe et l’Eurogroupe aident la Grèce à avancer», a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs jours, Athènes ne cesse d’affirmer qu’il est nécessaire que les chefs d’État et de gouvernement prennent des décisions claires et rapides pour lui venir en aide. 

Dans le même sens, dans un entretien accordé, mardi 23 mars, au Financial Times, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso presse les États membres de «prendre des décisions». Le Portugais estime aussi qu’en mettant en place un mécanisme d’aide à la Grèce, l’Eurogroupe enverrait «un signal rassurant» aux marchés. En outre, il n’exclut pas une aide du FMI. 

Mais l’Allemagne freine des quatre fers. «Je crains que l’on affaiblisse plutôt les efforts de réformes du premier ministre Georges Papandréou en Grèce si l’on présente de l’argent dans la vitrine, de sorte que la nécessité des réformes ne soit plus considérée comme aussi évidente», a estimé le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, mardi 23 mars.

Cacophonie

De son côté, Athènes accuse Berlin de laisser les banques allemandes spéculer contre la Grèce. Et affirme que l’Allemagne «a intérêt à ce que l’euro baisse pour augmenter ses exportations». 

Au milieu de cette cacophonie, la tenue de cette réunion permettrait d’inclure la Grèce dans les discussions entre dirigeants européens. En effet, l’ordre du jour du sommet européen ne prévoit pas officiellement de discussion sur la crise grecque.

Dans l’après-midi, l’appel de la France et de l’Espagne semblait avoir été entendu puisque le porte-parole du président du Conseil européen affirmait à l’AFP qu’Herman Van Rompuy envisageait de convoquer un sommet des pays de la zone euro pour tenter de trouver une solution à la crise grecque. 

Cette méthode rappelle celle employée par Nicolas Sarkozy lorsque la France exerçait la présidence tournante du Conseil européen, en 2008. Le 12 octobre, les 15 s’étaient réunis à Paris, où ils avaient adopté différentes mesures, dont la recapitalisation des banques en difficulté et la garantie des prêts interbancaires.

En outre, Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero ont également demandé l’ajout d’un point politique à la stratégie UE 2020. «L’Espagne et la France sont totalement déterminés pour que l’agriculture soit l’une des priorités de l’Europe», a souligné le président français. Son homologue espagnol a également demandé une «modification» de la stratégie UE 2020 en ce sens.