Pas de « sortie immédiate » de l’OTAN pour Jean-Luc Mélenchon mais un vote au Parlement
Jean-Luc Mélenchon a indiqué que l’appartenance à l’alliance atlantique serait tranchée par le Parlement s’il parvenait à devenir Premier ministre et qu’une « sortie immédiate » n’est pas à l’ordre du jour, bien que le programme de son propre parti y fasse référence.
Jean-Luc Mélenchon a indiqué que l’appartenance à l’alliance atlantique serait tranchée par le Parlement s’il parvenait à devenir Premier ministre et qu’une « sortie immédiate » n’est pas à l’ordre du jour, bien que le programme de son propre parti y fasse référence.
Lors de la conférence de presse de présentation du programme commun de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) de jeudi (19 mai), Jean-Luc Mélenchon a notamment été interrogé sur la ligne politique de son futur gouvernement vis-à-vis de l’OTAN.
Les mouvements politiques participant à la coalition de la gauche pour les élections législatives ne partagent pas tous la même position, ce qui oblige la NUPES à des explications parfois alambiquées sur cette question précise.
Le contenu du programme
L’appartenance à l’alliance atlantique fait partie des 33 mesures du programme commun sur les 650 sur lesquelles des « nuances » existent entre les différents partis prenant part à l’union de la gauche.
Le document distribué aux journalistes au début de la conférence de presse ne contient aucune référence expresse à l’OTAN, mais simplement que le but de la coalition de gauche sera de « réaffirmer que l’ONU est le seul organe légitime pour la sécurité collective à l’échelle mondiale ».
Une position en ligne avec celle traditionnellement défendue par La France insoumise, qui a toujours proposé que la France quitte l’OTAN, bien que moins explicite.
Le « contexte » empêche une sortie immédiate
Jean-Luc Mélenchon a malgré tout indiqué que « le contexte en Europe s’impose à nous » et a concédé que son « point de vue n’est pas partagé aujourd’hui ».
Proposer une sortie immédiate de l’OTAN « empêcherait l’union de se faire », concède-t-il, pendant que Corinne Narassiguin, représentante du Parti socialiste également présente, hoche la tête en approuvant cette affirmation.
Une articulation avec l’Élysée ambiguë
S’il gagne les élections législatives, Jean-Luc Mélenchon pourrait devenir Premier ministre, et ainsi provoquer une cohabitation avec Emmanuel Macron.
Néanmoins, M. Mélenchon refuse que le « domaine réservé » au président de la République soit invoqué sur les questions de défense et de politique étrangère, sur lesquelles le chef du gouvernement « a bien sûr autorité ».
Mais étant donné que c’est bien le président qui « négocie et signe les traités », une sortie de l’OTAN serait « une dissertation en dehors du réel », selon M. Mélenchon, compte tenu de la position d’Emmanuel Macron sur le sujet, favorable au maintien dans l’alliance.
Pour ajouter, quelques minutes plus tard, que si la NUPES remporte les élections législatives, alors c’est son programme entier qui devrait être appliqué, car « dans une démocratie c’est le dernier qu’a gagné qui a le dernier mot ».
Un vote au Parlement
Et le programme publié en ligne met bien en exergue les différences entre les différents partis de la coalition, détaille leurs positions respectives une fois l’élection législative passée, et annonce que le Parlement sera amené à se prononcer sur l’appartenance ou la sortie de l’OTAN.
« La France insoumise proposera le retrait immédiat de la France du commandement intégré de l’OTAN puis, par étapes, de l’organisation elle-même », peut-on y lire, avant que soit précisé que « le Parti socialiste sera favorable au maintien de la France dans l’OTAN ».
En effet, aussi bien lors de la conférence de presse que dans le programme en question, M. Mélenchon affirme clairement dit que « l’Assemblée sera saisie » sur ce point, qui fera donc l’objet d’un vote, insistant sur la nécessité que « face au monde, la France parle d’une seule voix ».
En tout état de cause, de nouveaux « débats » sont encore nécessaires au sein de la gauche unie selon M. Mélenchon, pour « caler » l’attitude à tenir vis-à-vis du président et pour « affiner [la] démarche commune ».
Ainsi, pour résoudre les « divergences » éventuelles, comme celle sur l’appartenance à l’OTAN, M. Mélenchon garantit que c’est bien « l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot ».
Selon les projections actuelles, la NUPES pourrait obtenir entre 100 et 160 sièges environ sur 577. Elle semble encore loin de pouvoir conquérir une majorité absolue à l’Assemblée nationale, mais il est clair que, compte tenu de la répartition des circonscriptions, La France insoumise serait le groupe dominant au sein de la coalition de gauche.