Patronat français et BCE s'inquiètent de l’espace européen de paiement

Le patronat français s’inquiète du peu d’avancés des petites et moyennes entreprises pour le passage au format de paiement européen Sepa, dans 87 jours. Au niveau européen, plusieurs pays dont l’Allemagne sont aussi à la traîne. Même la BCE s'inquiète.

EURACTIV.fr
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Le patronat français s’inquiète du peu d’avancés des petites et moyennes entreprises pour le passage au format de paiement européen Sepa, dans 87 jours. Au niveau européen, plusieurs pays dont l’Allemagne sont aussi à la traîne. Même la BCE s'inquiète.

Le compte à rebours commence à inquiéter du côté des patrons français. A l’occasion d’une conférence de presse organisée par la Fédération des Banques Françaises, les syndicats du Medef et la CGPME (qui représente les petites et moyennes entreprises) ont appelé avec insistance les entreprises françaises à entamer leur migration vers le nouveau format européen.

« Ce n’est pas une réunion de panique, ces modifications ne sont pas insurmontables. Mais 87 jours ce n’est pas beaucoup » explique Jean Clamon, président du comité d’orientation des moyens de paiements à la Fédération des Banques Françaises (FBF).

Et il reste beaucoup à faire. Seulement 53% des virements sont déjà passés aux normes Sepa, alors que les prélèvements stagnent à 2,9%. Des chiffres qui diffèrent peu de ceux annoncés en septembre par le ministère de l´économie et des finances.  Les migrations effectuées par les entreprises françaises s’élevaient alors à 50% pour les virements. Quant aux prélèvements, ils étaient sous la barre des 5%.

Effet couperet

Dès le 1er février 2014, les opérations de virement ou de prélèvement bancaire ne pourront plus être réalisées au format national. Afin du pouvoir continuer à utiliser leur trésorerie et recevoir les règlements de leurs clients, les entreprises doivent se mettre aux nouvelles normes européennes.

Après la date butoir établie par le règlement européen, les paiements et prélèvements réalisés par entreprises au format national seront refusés par les banques.

Le passage aux normes SEPA tend à harmoniser les moyens de paiement à l’intérieur de l’UE. Il doit également permettre de raccourcir les délais des virements bancaires intra-européens à une journée, alors qu’ils prennent en moyenne 5 jours à l’heure actuelle.

Retard des PME

Si la majorité des administrations et des grandes entreprises françaises ont opéré leur migration, il n’en est pas de même pour les petites et très petites entreprises. «  La proportion de PME qui n’ont jamais entendu parler de SEPA s’élève à 56%. Beaucoup ne se sentent pas concernées » avertit Bernard Cohen Hadad, président de la commission financement de la CGPME. 

Le retard des PME et TPE n’inquiète pas seulement au niveau national. Dans son estimation d’étape, la BCE estime que le passage des petites et moyennes entreprises françaises accuse un retard sérieux et « ne sera pas prêt dans les temps » relève la banque européenne.

Avancé pénible pour les grands pays de l’UE

Malgré cette migration difficile, la France fait figure de bon élève au niveau européen.

« Nous ne sommes pas décalés par rapport à la moyenne européenne » affirme Jean Clamon.  

La Banque Centrale Européenne (BCE) a dévoilé fin octobre son second  rapport d’étape sur la migration des pays européens. Constat, celle-ci était loin d’être aboutie. En moyenne, seulement 6,8% des prélèvements se sont fait au format européen. Les virements atteignaient  56,26% des volumes.

« Les informations compilées par la BCE et les banques centrales nationales des pays de la zone euro montrent que de nombreux acteurs ont décidé de migrer au cours du dernier trimestre 2013, voire plus tard » regrette la BCE. Une approche qui « génère des risques opérationnels » pour les entreprises dénonce également l’institution financière. 

« La Grèce, la France, Chypre, la Belgique et l’Espagne font partie des pays avancés dans la migration sur les virements avec plus de 50% » relève la BCE.  Ce sont les pays de taille modeste qui sont cependant  les plus avancés. En tête de file, la Slovénie a achevé sa migration.

Dans les prévisions de la BCE, l’Allemagne accuse un retard inquiétant. Seules les banques du pays ont achevé leur migration, tandis que les PME, les grandes entreprises mais aussi les administrations publiques sont à la traîne.