Pays-Bas : la nouvelle coalition annonce des restrictions drastiques en matière d’asile

La coalition de gouvernement de droite nouvellement formée aux Pays-Bas a annoncé jeudi (16 mai) vouloir engager les politiques « les plus strictes jamais adoptées en matière d’asile », avec possibilité de sortir des règles européennes, et promis d’examiner un transfert à Jérusalem de l’ambassade néerlandaise en Israël.

EURACTIV France avec AFP
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Le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders. [Shutterstock/Robert Hoetink]

La coalition de gouvernement de droite nouvellement formée aux Pays-Bas a annoncé jeudi (16 mai) vouloir engager les politiques « les plus strictes jamais adoptées en matière d’asile », avec possibilité de sortir des règles européennes, et promis d’examiner un transfert à Jérusalem de l’ambassade néerlandaise en Israël.

L’accord de coalition de 26 pages a été validé tôt dans la matinée après six mois de difficiles tractations entre quatre partis, à la suite de la victoire électorale du leader d’extrême droite Geert Wilders.

« Quiconque lit ce document peut voir que beaucoup de choses vont changer aux Pays-Bas », a déclaré M. Wilders à la presse lors de la présentation officielle du texte.

Il a qualifié « d’historique » le fait que sa formation, le PVV, soit désormais « au centre du pouvoir », et a assuré que « le soleil va briller à nouveau sur les Pays-Bas ».

L’accord stipule notamment que « des dispositions concrètes seront prises pour aller vers des règles les plus strictes jamais adoptées en matière d’asile, et un paquet de mesures le plus large jamais pris pour contrôler les migrations ».

Les signataires écrivent aussi qu’ils transmettront « le plus tôt possible » à la Commission européenne une demande pour pouvoir déroger (« opt-out ») à la politique européenne d’asile.

Les personnes sans permis de résidence valide seront expulsées « par la force si nécessaire », ajoute l’accord, intitulé « espoir, courage et fierté ».

« Politiques alternatives »

En matière de politique étrangère, les signataires s’engagent à ce que les Pays-Bas soient un « partenaire constructif » au sein de l’Union européenne, et soutiennent l’Ukraine « politiquement, militairement, financièrement et moralement ».

Le texte appelle également à examiner l’idée de transférer l’ambassade néerlandaise de Tel-Aviv à Jérusalem, comme le souhaitent les autorités israéliennes qui en ont fait leur capitale, un sujet rendu encore plus sensible par le conflit en cours dans la bande de Gaza.

La plupart des gouvernements évitent d’évoquer un tel transfert avant un accord de paix définitif entre Israël et les Palestiniens qui revendiquent aussi la ville comme capitale, estimant que cela pourrait préjuger du résultat de ces négociations.

« Prenant en considération les solutions au conflit israélo-palestinien et les intérêts diplomatiques, nous examinerons quand l’ambassade peut être déplacée à Jérusalem à un moment approprié », est-il écrit.

L’accord assure aussi que les Pays-Bas vont continuer « d’adhérer aux accords existants » sur le climat, mais prévient que « si nous ne réalisons pas les objectifs, nous aurons des politiques alternatives ».

L’accord a été trouvé entre quatre partis, le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, le parti pro-agriculteurs Mouvement agriculteur-citoyen (BBB), le parti libéral Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) et le nouveau parti anti-corruption Nouveau Contrat social (NSC).

On ignore encore l’identité du prochain Premier ministre qui dirigera le gouvernement de coalition et remplacera Mark Rutte, candidat au poste de secrétaire général de l’OTAN.

Le nom de l’ancien ministre de l’Éducation et de l’Intérieur, Ronald Plasterk, qui a également joué un rôle clé dans la supervision des premières négociations, est celui qui circule le plus.

Un haut fonctionnaire, Richard van Zwol, a été désigné comme « formateur » chargé de superviser la constitution d’un cabinet, mais sans vocation à être candidat pour diriger le gouvernement.

L’extrême droite a progressé en Europe lors de récentes élections et dans la perspective du scrutin européen de juin, mais a eu du mal à accéder au pouvoir face au refus d’autres partis de travailler avec elle.

« C’est un jour inquiétant. Nous avons maintenant un parti de droite radicale sous la direction de M. Wilders qui se retrouve au centre du pouvoir aux Pays-Bas », a déclaré Frans Timmermans, chef de file de l’opposition et membre de l’alliance des Verts et de la gauche.