Plan de relance de l'UE : l’Allemagne « trompe la Pologne », selon le ministre polonais de la Justice
Le ministre polonais de la Justice, Zbigniew Ziobro, a accusé l’Allemagne de bloquer les fonds de la Facilité de redressement et de résilience (FRR) de l’UE et destinés à la Pologne, en mettant en avant la nationalité de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Le ministre polonais de la Justice, Zbigniew Ziobro, a accusé l’Allemagne de bloquer les fonds de la Facilité de redressement et de résilience (FRR) de l’UE et destinés à la Pologne, en mettant en avant la nationalité de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
M. Ziobro a fait référence aux révélations de Der Spiegel concernant un différend entre Mme von der Leyen et la commissaire chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, lors de la conférence de presse de lundi (22 août).
Selon le quotidien allemand, c’est Mme Jourová qui s’est opposée au versement de l’argent du fonds de relance à la Pologne en raison de problèmes d’État de droit. Mme von der Leyen était quant à elle plus désireuse de trouver un compromis avec Varsovie — une théorie que le ministre de la Justice a réfutée.
« Ce sont des contes de fées pour les gentils enfants, une prolongation de la tromperie allemande » concernant la facilité, a déclaré M. Ziobro, cité par la radio RMF FM.
« Mme Von der Leyen, qui reste une personnalité politique allemande de premier plan, a trompé le Premier ministre polonais (Mateusz Morawiecki), lui faisant subir des humiliations, de nombreuses visites à Bruxelles » et continuant à refuser de verser l’argent du recouvrement, a insisté le ministre.
« La Pologne est victime d’un vol et ce sont […] les politiciens allemands, avec Mme von der Leyen en tête, qui sont responsables de ce pillage de la Pologne », a-t-il ajouté.
M. Ziobro a rappelé que le plan de relance polonais a été approuvé par la Commission en mai. Il apparaît qu’aujourd’hui il n’est pas suffisant et que de nouvelles conditions sont imposées à la Pologne, s’est plaint M. Ziobro.
La Commission a pris du temps pour approuver le plan de redressement de la Pologne en raison de préoccupations concernant l’indépendance de la justice dans le pays après les réformes que le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS) a fait passer depuis son arrivée au pouvoir en 2015.
En acceptant le plan, Mme von der Leyen a défini plusieurs étapes que le gouvernement doit franchir avant que la première tranche de la FRR puisse être versée.
Ces étapes, que la Pologne n’a toujours pas franchies aux yeux de la Commission, comprennent le démantèlement de la chambre disciplinaire de la Cour suprême fondée par le PiS, ainsi que la réintroduction des juges suspendus de manière illégale.