Pologne : le président du parlement aurait subi des pressions pour bloquer l’investiture de Karol Nawrocki

Le président polonais Andrzej Duda doit rencontrer en août le président du parlement, qui affirme avoir été soumis à des pressions pour bloquer l’investiture du président élu, le conservateur Karol Nawrocki.

EURACTIV Pologne
Polish President Andrzej Duda
Le président Andrzej Duda. [Getty Images/NurPhoto]

Le président polonais Andrzej Duda, ancien membre du parti Droit et Justice (PiS) resté proche de la faction, va rencontrer le président du parlement Szymon Hołownia début août après que ce dernier a affirmé avoir été invité à reporter la prestation de serment du président récemment élu Karol Nawrocki, prévue pour le 6 août. C’est ce qu’a déclaré dimanche 27 juillet Małgorzata Paprocka, conseillère présidentielle.

Dans une interview accordée à Polsat News vendredi 25 juillet, Szymon Hołownia, qui est également le chef du parti Pologne 2050, membre de la coalition au pouvoir, a expliqué avoir subi des pressions répétées pour retarder la prestation de serment du candidat conservateur Karol Nawrocki, qualifiant cela de tentative de « coup d’État ». Il a refusé de donner des noms, indiquant uniquement qu’il s’agissait de personnes qui « n’ont pas aimé le résultat de l’élection présidentielle ».

Karol Nawrocki, indépendant soutenu par le parti d’opposition PiS, a battu de peu le maire de Varsovie Rafał Trzaskowski, candidat de la Plateforme civique (PO) du Premier ministre Donald Tusk, lors de l’élection présidentielle de juin.

Malgré les inquiétudes concernant les irrégularités et plus de 50 000 plaintes, la Cour suprême a confirmé le résultat. Mais cette décision n’a pas fait taire les critiques à l’égard du processus électoral, les plaintes ayant été traitées par une chambre largement critiquée pour sa politisation sous les précédents gouvernements du PiS et non reconnue comme légitime par la plus haute juridiction de l’UE.

Szymon Hołownia a exclu tout report de l’investiture du futur président, affirmant qu’il n’y avait aucune base juridique ou factuelle pour bloquer la prestation de serment, qui doit avoir lieu devant les deux chambres du parlement.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]