Pour Fillon, la solidarité est le pendant de la discipline
Dans une tribune publiée par le journal Le Point, jeudi 9 mars, le Premier ministre François Fillon défend le Mécanisme européen de stabilité et le pacte fiscal et soumet ses idées pour une "Europe plus forte".
Dans une tribune publiée par le journal Le Point, jeudi 9 mars, le Premier ministre François Fillon défend le Mécanisme européen de stabilité et le pacte fiscal et soumet ses idées pour une « Europe plus forte ».
Pour le Premier ministre français, l’Europe n’était pas préparée à la crise et a pris son temps à réagir. Toutefois, les deux textes adoptés au début de l’année 2012, le traité sur le mécanisme européen de stabilité et le pacte fiscal « tracent les lignes d’action pour la décennie à venir ». L’esprit des traités était « d’éteindre le feu et d’aider les pays en difficulté », poursuit François Fillon dans une tribune publiée par le magazine Le Point.
Le mécanisme européen de stabilité, selon lui « véritable fonds monétaire », est l’expression de la solidarité entre Européens et permettra d’éviter qu’un autre pays ne subisse le même destin que la Grèce, affirme le Premier ministre.
Règle d’or
Mais la solidarité doit impérativement aller de pair avec « plus de surveillance des déséquilibres » et « plus de discipline au niveau européen ». Pour François Fillon, cette dernière passera par la transposition de la règle d’or prévue par le pacte fiscal.
En France, les socialistes, majoritaires au Sénat, s’y opposent. C’est pourquoi François Fillon propose d’organiser un référendum au cas où « une approbation parlementaire s’avère impossible ».
« Soit c’est de la naïveté, soit c’est du mensonge »
François Hollande souhaite renégocier le pacte fiscal pour y insérer des mesures en faveur de la croissance. Inutile et irresponsable, juge le Premier ministre. « Quant à promettre aux Français que l’on va renégocier le traité que nous avons conclu, de deux choses l’une : soit c’est de la naïveté, soit c’est du mensonge », affirme-t-il.
Pour lui, le MES et le pacte fiscal forment un « paquet cohérent » et reflètent « le juste équilibre entre discipline, solidarité, croissance et responsabilité ». François Fillon s’attend à ce que la réunion régulière des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro, qu’il appelle un « gouvernement économique », donne des impulsions en faveur de la croissance et la convergence des politiques économiques.
Politique industrielle sectorielle
Dans sa tribune, François Fillon soumet plusieurs idées pour renforcer l’intégration européenne et créer « une véritable Union politique ». S’agissant de la politique industrielle, le chef du gouvernement français souhaite « rompre avec quelques dogmes malheureusement professés avec constance à Bruxelles » et investir dans les secteurs stratégiques.
En misant sur la « neutralité technologique », l’Europe s’assure « de passer de manière systématique à côté des initiatives sectorielles porteuses de croissance », déplore le chef du gouvernement.
Le Premier ministre se prononce également en faveur de l’utilisation de « nouveaux instruments de financement », tel que les « obligations de projets » (project bonds) et un fonds européen de capital-risque. De manière plus générale, l’Europe devrait se doter d’un « plan global de croissance verte ».