Pour le président du Comité des régions, les autorités locales doivent être au coeur de la politique de cohésion
La politique de cohésion pourrait « peut-être » tirer des leçons de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) de l’UE, mais seulement si les gouvernements régionaux gardent leur mot à dire, soutient Vasco Alves Cordeiro à Euractiv en amont de la « Semaine des régions » de l’UE.
Pour Vasco Alves Cordeiro, le président du Comité européen des régions, la Commission qui prendra bientôt ses fonctions devra suivre les promesses de la présidente Ursula von der Leyen et placer les autorités locales au centre de la politique de cohésion de l’Union européenne (UE).
Vasco Alves Cordeiro, qui préside l’assemblée des représentants locaux et régionaux d’Europe, qui sont aussi les principaux bénéficiaires des fonds de cohésion, explique que la Commission va devoir passer « des paroles aux actes » sur la réforme des fonds de cohésion, qui représentent le tiers des dépenses totales de l’Union, avec 392 milliards d’euros de 2021 à 2027.
Avant la « Semaine européenne des régions et des villes », qui commençait lundi 7 octobre à Bruxelles, Vasco Alves Cordeiro expliquait pour Euractiv qu’Ursula von der Leyen avait été très claire sur le fait que les régions devaient être pour le nouveau mandat de Commission européenne au centre de la politique de cohésion.
Le président du Comité européen des régions estime cependant qu’il est nécessaire de « donner à la nouvelle Commission un peu de temps pour avancer des idées sur la question essentielle de l’implication des autorités locales et régionales ».
Cependant, « tôt ou tard, nous devrons passer des paroles aux actes », a-t-il ajouté.
Vasco Alves Cordeiro a également accentué sa pression sur le vice-président désigné en charge de la Cohésion et des Réformes, l’Italien Raffaele Fitto (Fratelli d’Italia, CRE). « Raffaele Fitto a l’opportunité de clarifier son point de vue sur la manière dont la prochaine Commission mettra en œuvre les parties relatives à la cohésion dans ses orientations politiques », a-t-il indiqué.
Lors de la préparation du prochain budget septennal de l’UE, qui débutera l’année prochaine, la politique de cohésion fera l’objet d’un examen minutieux, l’Union s’efforçant par ailleurs de trouver les moyens de financer ses nouvelles priorités, telles que la mise en place d’une industrie de défense commune.
La Commission envisage également une profonde réforme de la politique de cohésion, dans laquelle la collaboration actuelle entre les autorités régionales et l’exécutif de l’UE pourrait être remplacée par un mécanisme similaire à celui de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), qui donnerait plus de liberté aux gouvernements nationaux pour dépenser les fonds européens.
Ce qui est pour l’heure loin d’emballer Vasco Alves Cordeiro. « Si cela signifie que les gouvernements nationaux auront tous les pouvoirs, au détriment des régions et des villes, la réponse est non », a-t-il encore souligné.
Cependant, « [si cela signifie] réfléchir à la manière de mieux évaluer l’impact de la politique de cohésion et intégrer des éléments basés sur la performance pour améliorer les résultats de cette politique, alors la réponse est peut-être », a-t-il ajouté.
En juillet dernier, Christian Lindner (FDP, Renew), le ministre allemand des Finances, avait laissé entendre que la politique de cohésion semblait être « surfinancée », en raison du faible taux d’absorption de ces fonds.
Plusieurs experts et lobbies soulignent les faiblesses du système actuel, estimant que les dépenses de cohésion devraient être davantage ciblées sur les régions qui en ont besoin.
Note de transparence : le déplacement de l’auteur à la 22e « Semaine des régions et des villes » de l’UE est partiellement financé par le Comité des régions et la Commission européenne.
[Édité par Laurent Geslin]