Pour Viktor Orbán, les élections européennes sont « historiques »

Les élections européennes du 9 juin sont « historiques » et seront « probablement vues comme celles qui ont décidé de la paix ou de la guerre en Europe », estime le Premier ministre hongrois Viktor Orbán dans un entretien au Point jeudi (30 mai).

Marine Le Pen attends a Spanish far-right party Vox event in Madrid
Selon le Premier ministre hongrois, « l’avenir du camp souverainiste en Europe, comme de la droite en général, repose aujourd’hui entre les mains de deux femmes », les dirigeantes d’extrême droite italienne et française Giorgia Meloni et Marine Le Pen. [Shutterstock/Victor Lerena]

Les élections européennes du 9 juin sont « historiques » et seront « probablement vues comme celles qui ont décidé de la paix ou de la guerre en Europe », estime le Premier ministre hongrois Viktor Orbán dans un entretien au Point jeudi (30 mai).

« Outre le nombre de sièges qu’obtiendra tel ou tel parti, la chose à mon sens la plus importante sera le nombre de députés disposés à aller plus loin dans la guerre en Ukraine et le nombre de ceux qui seront pour y mettre un terme », déclare M. Orbán, dont le pays est le plus réticent au sein de l’UE à soutenir l’Ukraine face à la Russie.

« Si je souhaite une victoire des députés pro-paix, j’espère aussi qu’il y aura davantage de députés souverainistes en faveur d’une Europe des nations », poursuit le Premier ministre hongrois, qui prendra la présidence tournante du Conseil européen en juillet.

Selon lui, « l’avenir du camp souverainiste en Europe, comme de la droite en général, repose aujourd’hui entre les mains de deux femmes », les dirigeantes d’extrême droite italienne et française Giorgia Meloni et Marine Le Pen.

« Si elles parviennent à travailler ensemble, au sein d’un groupe unique ou d’une coalition, elles seront une force pour l’Europe. L’attrait de leur coopération sera très fort. Il pourrait suffire à redessiner la configuration de la droite européenne, voire à supplanter le Parti populaire européen [PPE, premier groupe du Parlement européen, ndlr] », espère M. Orbán.

Son parti, le Fidesz, dont les élus figurent pour le moment parmi les Non-Inscrits, devrait rejoindre le groupe du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) où siège le parti de Mme Meloni, qui lui « inspire beaucoup de respect », dit-il.

« Sa tâche a été très difficile. À peine élue, elle a été accusée d’être extrémiste, de ne pas respecter les valeurs de l’Union européenne », mais « aujourd’hui, tout le monde respecte son gouvernement de droite, basé sur des valeurs chrétiennes, favorable à la démocratie et qui se bat pour les valeurs européennes », affirme-t-il.

Interrogé sur la plus grande menace, selon lui, pesant sur l’Europe, il estime que « le plus dangereux reste le leadership idéologique de l’Union européenne », dénonçant le concept de « société ouverte » et l’abandon « des valeurs ou identités nationales, des valeurs familiales traditionnelles, sans parler de valeurs chrétiennes ».