Présidentielle en Pologne : les Polonais divisés sur les allégations de fraude électorale
Près de 40 % des Polonais ayant participé à un sondage réalisé pour le quotidien Rzeczpospolita estiment qu’il est possible que la récente élection présidentielle ait été entachée de fraude.
Près de 40 % des Polonais ayant participé à un sondage réalisé pour le quotidien Rzeczpospolita estiment qu’il est possible que la récente élection présidentielle ait été entachée de fraude. Un chiffre révélateur des tensions autour du scrutin.
Le second tour, qui s’est tenu le 1er juin, a été remporté par Karol Nawrocki, candidat conservateur indépendant soutenu par le parti d’opposition Droit et Justice (PiS, CRE). Il a obtenu 50,89 % des voix, tandis que son adversaire, Rafał Trzaskowski, maire de Varsovie et candidat représentant la Plateforme civique (PO, PPE) du Premier ministre Donald Tusk, a obtenu 49,11 % des voix.
Dans les jours suivant l’élection, des rapports ont fait état d’anomalies dans plusieurs bureaux de vote : bulletins annulés en masse dans les bastions de la Plateforme civique lors du second tour, erreurs d’attribution des voix, confusion lors du dépouillement… Autant de dysfonctionnements qui ont conduit la coalition gouvernementale à encourager les citoyens à déposer des recours, comme le permet la Constitution.
La coalition au pouvoir a encouragé les citoyens à déposer des recours électoraux, pour lesquels ils disposaient d’un délai de deux semaines après l’annonce des résultats. En vertu de la Constitution, tout citoyen peut déposer un tel recours.
Dans les deux semaines qui ont suivi l’annonce des résultats, des dizaines de milliers de plaintes électorales ont été déposées.
Les responsables politiques de la coalition au pouvoir réclament un recomptage complet, tandis que le PiS estime qu’il n’y a aucune justification pour cela.
La Cour suprême est tenue d’examiner les plaintes et de se prononcer sur la validité de l’élection au plus tard un mois après la proclamation des résultats.
« Seul un examen approfondi de toutes les irrégularités permettra de garantir qu’elles n’ont pas influencé le résultat [de l’élection] », a déclaré Donald Tusk, en visite à Bruxelles, la semaine dernière.
À la question posée dans le sondage « Pensez-vous qu’il soit possible que l’élection présidentielle de cette année ait été truquée ? », 40,1 % des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative. En revanche, 45,3 % estiment qu’aucune fraude n’a eu lieu, tandis que 14,6 % se déclarent indécis.
Parallèlement à cela, l’impartialité de la chambre de la Cour suprême chargée des recours électoraux, la Chambre extraordinaire de contrôle et des affaires publiques de la Cour suprême, soulève des inquiétudes. La majorité de ses juges ont été nommés sous les gouvernements précédents du PiS, ce qui suscite des doutes sur leur indépendance.
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé que cette chambre ne devait pas être considérée comme une juridiction au sens du droit de l’Union.
La Cour suprême polonaise devrait se prononcer sur la validité des élections mardi 1er juillet.