Prévention et surveillance favorisent la diminution des cas de légionellose, selon une agence de santé française
Les cas de légionellose déclarés à l’agence Santé Publique France ont diminué en 2020, confirmant la tendance à la baisse manifeste des années précédentes.
Les cas de légionellose déclarés à l’agence Santé Publique France ont diminué en 2020, confirmant la tendance à la baisse manifeste des années précédentes.
Selon les chiffres fournis par l’organisme public français, le nombre de cas de légionellose en 2020 a été inférieur à 2017, et 2019 mais légèrement supérieur à celui de 2016.
La légionellose survient par l’inhalation d’aérosols porteurs de la bactérie Legionella qui se développe principalement dans les eaux chaudes et stagnantes. L’infection qui s’ensuit peut alors conduire à une forme mortelle de pneumonie.
La bactérie Legionella se propage par les vapeurs qui proviennent généralement des unités de conditionnement d’air des grands bâtiments. Les adultes de plus de 50 ans et les personnes au système immunitaire affaibli, souffrant de maladies pulmonaires chroniques ou qui consomment beaucoup de tabac sont les plus exposés.
Les résultats des enquêtes épidémiologiques environnementales et microbiologiques menées par l’agence montrent que l’eau des réseaux sanitaires reste la première source de contamination des cas de légionellose.
Pour l’agence, cela souligne l’importance des mesures de prévention, de surveillance et de contrôle du risque de légionellose dans les réseaux d’eau.
Cependant, certains réseaux d’eau ne sont pas soumis à la surveillance de la légionellose car elle n’est actuellement obligatoire que pour les hôtels et les bureaux publics.
La situation actuelle devrait être améliorée par la mise en œuvre de la directive européenne sur l’eau potable (DWD) récemment révisée, qui a étendu la surveillance de la bactérie Legionella à tous les réseaux d’eau potable de l’UE dans le cadre de la nouvelle analyse d’évaluation des risques.
Malgré la tendance positive à la baisse des cas, la légionellose reste un sujet de préoccupation publique en France.
En août, un établissement thermal situé près de la ville de Meaux a été fermé par l’agence sanitaire locale à la suite d’une épidémie de légionellose qui a entraîné l’hospitalisation de certains clients.
Un cas mortel de légionellose s’est également déclaré dans le quartier nord de Marseille à la fin du mois de juillet. En juin, des légionelles ont été détectées dans un établissement thermal de Saujon, en Nouvelle-Aquitaine, obligeant à la fermeture de l’établissement pour toute la saison estivale.
Dans la même région, un lycée de Jonzac a été fermé car des légionelles ont colonisé les douches. Les 130 élèves résidents ont été renvoyés chez eux jusqu’à ce que le problème soit résolu.
Commentant l’affaire sur FranceInfo, le directeur général adjoint de l’éducation nationale de Nouvelle-Aquitaine, Philippe Mittet, a déclaré que la légionellose est « un événement classique, bien connu, qui touche chaque année deux ou trois lycées sur les 295 lycées publics de Nouvelle-Aquitaine ».
Tous les cas sont survenus en été, lorsque l’augmentation de la température rend les systèmes d’eau et les tours de refroidissement plus chauds, créant un environnement idéal pour la propagation des cultures bactériennes de Legionella, en particulier Legionella Pneumophila, qui provoque une forme mortelle de pneumonie.
La grande majorité des cas détectés — 1248 sur 1328, soit 94 % du total — étaient dus à l’espèce Legionella Pneumophila sérogroupe 1.
De même, la quasi-totalité des souches isolées étaient des Legionella Pneumophila — 293 du sérogroupe 1 et 20 des autres sérogroupes. Quatre souches appartenaient à l’espèce Legionella longbeachae, qui se développe dans le sol et non pas dans l’eau.
La question de savoir s’il fallait évaluer toutes les espèces de Legionella ou seulement le type spécifique qui provoque une forme mortelle de pneumonie, la Legionella pneumophila, a été un point d’accrochage lors des négociations sur la révision de la directive européenne sur l’eau potable (DWD).
La Commission européenne avait initialement proposé d’inclure dans la DWD des tests pour les deux espèces de Legionella (L. spp) et Legionella pneumophila.
Dans le compromis final atteint par les législateurs européens, les États membres ont été laissés libres de déterminer leur approche en matière de tests. Ils désormais peuvent choisir les méthodes les plus appropriées aux fins qu’ils spécifient dans les lignes directrices nationales.
En France, les tests obligatoires exigent la détection de Legionella pneumophila depuis 2001, après l’apparition d’un foyer important à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris en 2000.
Auparavant, un autre foyer épidémique avait été détecté à Paris en 1998, lorsque quatre citoyens britanniques, supporters de l’équipe de football écossaise lors de la Coupe du monde de football organisée par la France, avaient développé des symptômes de la maladie du légionnaire.
Depuis cette évolution vers des tests obligatoires donnant la priorité à Legionella pneumophila, les épidémies signalées en France ont diminué par rapport aux autres pays européens entre 2013 et 2017.
L’agence sanitaire française a également observé sept cas de co-infection à Legionella et au SRAS-CoV-2 parmi 65 patients atteints de légionellose signalés en mars 2020.
Les cas co-infectés étaient plus âgés — plus souvent des hommes — et présentaient plus de comorbidités avec une létalité plus élevée.