Promesses d'aide de 5,6 milliards d'euros pour les Syriens, l'UE garde sa position anti-Assad

Les donateurs internationaux, sous l'égide de l'UE, se sont engagés jeudi (15 juin) à verser 5,6 milliards d'euros pour les réfugiés syriens, mais Bruxelles a souligné qu'elle n'assouplirait pas sa position à l'égard du gouvernement du président Bachar el-Assad.

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Bachar al-Assad, resté au pouvoir grâce au soutien de ses alliés l'Iran et la Russie, fait moins figure de paria au niveau international depuis son retour le mois dernier au sein de la Ligue arabe. [hanohiki / Shutterstock]

Les donateurs internationaux, sous l’égide de l’UE, se sont engagés jeudi (15 juin) à verser 5,6 milliards d’euros pour les réfugiés syriens, mais Bruxelles a souligné qu’elle n’assouplirait pas sa position à l’égard du gouvernement du président Bachar el-Assad.

Lors de cette réunion, qui s’est tenue à Bruxelles sous la présidence de Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, c’est l’UE qui s’est engagée à verser le plus d’argent, avec 3,8 milliards d’euros.

La Commission européenne a indiqué qu’elle fournissait 55% de cette somme, les 45% restants provenant des différents états membres de l’Union.

L’argent est principalement destiné à aider les pays voisins de la Syrie –la Turquie, l’Irak, la Jordanie, le Liba,– qui accueillent au total 5,4 millions de réfugiés syriens.

Les Etats-Unis ont promis jeudi 920 millions de dollars (850 millions d’euros environ) supplémentaires d’aide humanitaire aux Syriens pour cette année, portant le total pour 2023 à 1,1 milliard de dollars (1,01 milliard d’euros).

Le Royaume-Uni s’est engagé à apporter 150 millions de livres (175 millions d’euros) pour 2023, pour un total d’environ 227 millions d’euros.

En outre, les donateurs se sont engagés à verser quatre milliards d’euros supplémentaires sous forme de prêts. Le montant combiné des dons et des prêts s’élève à 9,6 milliards d’euros.

Josep Borrell a souligné que l’aide n’était pas destinée au gouvernement de Bachar al-Assad.

« La politique de l’Union européenne à l’égard de la Syrie n’a pas changé. Nous ne rétablirons pas des relations diplomatiques complètes avec le régime d’Assad ni ne commencerons à travailler à la reconstruction tant qu’une véritable et complète transition politique ne sera pas fermement engagée, ce qui n’est pas le cas« , a-t-il dit.

« Malheureusement, au cours de l’année écoulée, il y a eu très peu de progrès vers un règlement du conflit syrien« , a-t-il déploré. « Notre tâche aujourd’hui doit être d’apporter de l’espoir. De l’espoir et du soulagement« .

Depuis 2011, plus de 500 000 personnes ont été tuées en Syrie, après que la brutale répression par le gouvernement de Bachar al-Assad de manifestations pacifiques a plongé ce pays dans la guerre. Un conflit complexe mêlant des puissances étrangères et des organisations jihadistes.

L’ONU estime que plus de douze millions de Syriens ont été déplacés par ce conflit.

Josep Borrell a rappelé que 90% des Syriens restés dans leur pays vivaient dans la pauvreté et que 60% souffraient d' »insécurité alimentaire« .

L’UE maintiendra ses sanctions contre le régime de Damas et ne soutiendra le retour des Syriens dans leur pays que s’ils sont « volontaires« , sûrs et surveillés par des groupes internationaux, a aussi fait valoir le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères.

Bachar al-Assad, resté au pouvoir grâce au soutien de ses alliés l’Iran et la Russie, fait moins figure de paria au niveau international depuis son retour le mois dernier au sein de la Ligue arabe.

Un sujet qui devrait susciter de « vives discussions » pendant la conférence, a prédit le ministre irakien des Affaires étrangères Fouad Hussein.

Au cours des précédentes conférences de donateurs, l’UE avait compté pour plus de 70% des promesses de dons, en ajoutant à l’engagement du Haut représentant ceux effectués individuellement par les gouvernements des Etats membres.