Réactions mitigées aux propositions sur la capture et le stockage du carbone [FR]

L'amélioration de la clarté concernant les règles relatives aux aides d'Etat et l'introduction de la capture et du stokage de carbone (CSC) dans le système européen d'échange de carbone faisaient parties des caractéristiques des nouvelles propositions relatives au CSC, présentées par la Commission dans son paquet Energie et Climat la semaine dernière. Néanmoins, des doutes subsistent concernant l'efficacité de technologies onéreuses pour réduire les émissions de CO2 de l'Union.

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L’amélioration de la clarté concernant les règles relatives aux aides d’Etat et l’introduction de la capture et du stokage de carbone (CSC) dans le système européen d’échange de carbone faisaient parties des caractéristiques des nouvelles propositions relatives au CSC, présentées par la Commission dans son paquet Energie et Climat la semaine dernière. Néanmoins, des doutes subsistent concernant l’efficacité de technologies onéreuses pour réduire les émissions de CO2 de l’Union.

  • Promovoir la CSC

Les propositions du 23 janvier de la Commission approuvent la technologie CSC en supprimant un certain nombre d’obstacles importants qui entravaient auparavant le développement de la technologie.

Tout d’abord, les lignes directrices de l’UE portant sur l’autorisation des Etats membres à financer des secteurs ont été étendues afin de permettre l’introduction de la technologie CSC. Même si la Commission affirme qu’il est « trop tôt » pour établir des lignes directrices spécifiques pour soutenir la technologie CSC, selon les documents révisés devant entrer en vigueur à la mi-février, Bruxelles adoptera une approche globalement positive vis-à-vis des aides d’Etat.

En outre, le CO2 capturé et stocké sera calculé comme « non émis » au titre du système européen d’échange d’émissions (système européen ETS), une disposition que beaucoup d’entreprises considèrent comme indispensable pour justifier les investissements nécessaires.

Le projet de proposition stipule également que les règles européennes en vigueur relatives à la pollution générée par les grandes installations industrielles devraient être adaptées afin que toutes les centrales de combustion, pour lesquelles le permis de construire d’origine ou le permis d’exploitation d’origine est accordé après l’entrée en vigueur de la directive relative à la  technologie CSC, ont un espace adéquat sur le site de l’installation pour l’équipement nécessaire à la capture et au stockage du CO2.

La technologie CSC est également l’une des six technologies privilégiées par la Commission dans son plan stratégique pour les technologies énergétiques (plan SET – voir EURACTIV 23/11/07). 

  • Le calcul du CO2

Un des éléments majeurs de la controverse autour de la technologie CSC est l’existence d’une solution efficace pour réduire les émissions de CO2. La Commission reconnaît que le procédé de CSC ne sera développé que quand le prix par tonne de CO2 économisée grâce à la technologie CSC sera inférieur au prix du carbone.

Le McKinsey Global Institute (MGI) prévoit qu’après 2020, 85 % de l’ensemble des centrales thermiques au charbon seront équipées de la technologie CSC, permettant de réduire le prix des émissions de carbone de 20 à 30 euros par tonne de CO2 économisée. Selon ce scénario, d’ici 2030, la technologie CSC aura permis d’économiser 3,1 gigatonnes de CO2 chaque année au niveau mondial.

Le pric actuel du CO2 dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émissions (système européen ETS) est d’environ 25 euros par tonne, mais devrait largement augmenter, ce qui indique que la technologie CSC deviendrait rentable dans les décennies à venir.

Dans son analyse d’impact, la Commission estime que d’ici 2030, la technologie CSC pourrait permettre une réduction de 15 %, ou 160 millions de tonnes, de CO2 par rapport aux exigences européennes.

  • Des avantages à portée de main

L’amélioration de l’efficacité énergétique dans les secteurs du bâtiment et des transports – qui ne comportent aucun coût net en raison des économies de coûts – pourrait engendrer des réductions annuelles de CO2 de près de sept gigatonnes d’ici 2030, selon MGI, soit beaucoup plus que les projections les plus optimistes pour la technologie CSC la plus chère.

Mais améliorer l’efficacité énergétique dans le bâtiment et les transports implique de réglementer un grand nombre de petits émetteurs de CO2 et de coordonner de nombreuses normes et pratiques actuellement fragmentées – une tâche plus délicate pour les responsables politiques que réduire l’intensité de CO2 des grandes installations thermiques.

Les efforts réalisés par les législateurs européens pour resserrer les normes des véhicules particuliers, par exemple, se sont heurtés à une forte résistance de l’industrie. Les performances des Etats membres européens en terme d’efficacité énergétique sont mitigées, et la mise en œuvre de la législation européenne pour améliorer l’efficacité énergétique dans les bâtiments  est « désespéramment faible » malgré de petites avancées, selon un nouveau rapport publié par l’EnR, le réseau volontaire des agences européennes de l’énergie.