Réchauffement climatique : Dimas optimiste au sujet de la coopération UE - Etats-Unis [FR]

Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, le Commissaire à l'environnement Stavros Dimas souligne que les discussions entre l'Europe et les Etats-Unis sur le dossier de la lutte contre le réchauffement climatique ont déjà produit un "résultat significatif" : une coopération fructueuse en matière de développement d'instruments de marché.

Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, le Commissaire à l’environnement Stavros Dimas souligne que les discussions entre l’Europe et les Etats-Unis sur le dossier de la lutte contre le réchauffement climatique ont déjà produit un « résultat significatif » : une coopération fructueuse en matière de développement d’instruments de marché.

  • Discussions UE – Etats-Unis sur le réchauffement climatique 

Dimas se montre très positif au sujet des discussions qu’il a pu avoir avec les autorités américaines lors de son récent voyage à Washington : « Nous avons clairement indiqué aux Américains que, de notre point de vue, la coopération bilatérale et régionale est une bonne chose, mais que la coopération multilatérale est également nécessaire. Ils semblent partager notre point de vue à ce propos, ce qui est marque un changement par rapport à la position qu’ils avaient adoptée jusqu’à  présent. »

Selon M. Dimas, aussi positive que puisse être la conclusion d’un accord de coopération technologique entre l’UE et les Etats-Unis, il ne s’agit pas d’un élément « suffisant » aux yeux de la Commission, celle-ci estimant que « de nouveaux pas doivent être franchis ». « [Les Américains] nous ont rejoints sur ce point – ce qui constitue un progrès notable [de leur part] ». Dimas estime que le prochain sommet du G8 fournira un cadre propice à une discussion sur ce sujet, tout en soulignant qu’il espère que des avancées significatives pourront alors être obtenues.

La visite du Commissaire Dimas à Washington a débouché sur la réactivation d’un groupe de haut niveau réunissant responsables européens et américains en charge des questions d’environnement, groupe au sein duquel doivent notamment être traités la question de l’efficacité énergétique et le dossier des énergies renouvelables. « Nous espérons que ce groupe pourra se réunir avant la 11ème Conférence des Nations Unies. Notre coopération a déjà produit un résultat significatif sous la forme d’une réflexion commune sur le développement d’instruments de marché. » 

  • REACH – études d’impact

Suite aux controverses suscitées par les études d’impact menées pour évaluer les coûts et les bénéfices potentiels du programme REACH, EURACTIV a souhaité connaître l’opinion du Commissaire Dimas sur l’utilité de ces études en tant qu’instruments de politique publique.

« Les études d’impact constituent un élément important, mais elles ne répondent pas toujours à vos objectifs politiques », affirme Dimas. Selon le Commissaire, si les avantages procurés par REACH sont difficiles à calculer et à traduire précisément sur le plan financier (s’agissant notamment de l’impact environnemental et sanitaire de ce projet de législation), ils sont néanmoins bien réels, notamment en termes d’amélioration de l’image des produits chimiques et de renforcement du niveau de sécurité offert aux consommateurs.

  • Eco-innovations et stratégie de Lisbonne 

Dimas se dit satisfait de la nouvelle orientation donnée à la stratégie de Lisbonne, et notamment du recentrage de celle-ci sur le double objectif de croissance et de création d’emplois. Dans le contexte actuel – marqué par le maintien du taux de chômage à des niveaux élevés et le caractère anémique de la croissance dans certains Etats membres -, il est parfaitement « légitime » à ses yeux que l’UE se concentre sur la poursuite de ces objectifs, sans que cela se fasse « bien sûr aux dépens de l’environnement ». 

Selon M. Dimas, les politiques de préservation de l’environnement ont un rôle « absolument essentiel » à jouer dans la perspective d’un renforcement de la compétitivité de l’économie européenne, le secteur des éco-technologies étant appelé à devenir un pilier de l’industrie du continent. Le Commissaire illustre son propos en soulignant que les éco-industries connaissent actuellement un rythme annuel de croissance de 5% – « supérieur à celui de n’importe quel autre secteur industriel » -, et que le marché mondial pour les éco-produits représente déjà un chiffre d’affaires de 500 milliards d’euros. « Si l’industrie européenne se montre suffisamment réactive sur le front des éco-innovations, elle pourra bénéficier de la forte croissance de ce marché », souligne-t-il.

  • Place de l’environnement dans le 7ème Programme-cadre

Interrogé sur la modestie des fonds alloués à la recherche environnementale dans le 7ème programme-cadre (2,5 milliards d’euros, à comparer aux 12 milliards attribués à la recherche dans le domaine des TIC), Dimas rétorque que l’environnement est mieux loti que d’autres secteurs : « J’estime que l’augmentation est assez nette – supérieure à celle dont ont bénéficié d’autres secteurs -,  même si on ne peut jamais se satisfaire du montant total alloué. »

Le Commissaire reconnaît enfin que les Etats-Unis ont pris une avance importante concernant le développement de nouvelles éco-technologies : « Les Américains dépensent officiellement 5,8 milliards de dollars [dans ce domaine]. Je pense que nos propres dépenses doivent se situer aux alentours de 3 milliars d’euros ».

 

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