Roms : 10 milliards d’euros mal utilisés
Sur le devant de la scène politique et médiatique, les Roms ne voient pas leur situation s’améliorer en Europe. Une audition sur le sort de cette minorité a été organisée au Parlement.
Sur le devant de la scène politique et médiatique, les Roms ne voient pas leur situation s’améliorer en Europe. Une audition sur le sort de cette minorité a été organisée au Parlement.
Malgré les 10 milliards d’euros de fonds européens consacrés chaque année à l’intégration des Roms, la situation de la première minorité ethnique d’Europe ne s’améliore pas. Ses 12 millions de membres sont encore souvent victimes de discrimination quand il s’agit d’éducation, de logement ou d’emploi et souffrent d’un accès limité aux soins de santé et aux services publics.
Lors d’une audition, organisée les 30 novembre et 1er décembre au Parlement européen, la société civile a souligné l’absolue nécessité d’améliorer leur intégration. Ce sera d’ailleurs l’une des priorités de la présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne, début 2011. «Ils sont des citoyens européens comme les autres», a déclaré l’eurodéputée hongroise Kinga Göncz (S&D).
Des fonds mal utilisés
Pour les participants, le développement de politiques européennes est une bonne chose. Cependant, Lívia Járóka demande à ce que les stratégies globales soient déclinées de façon concrète, avec un travail de fond au niveau local.
La commissaire aux Droits de l’homme Viviane Reding a reconnu que les États membres devaient s’engager un peu plus. « L’intégration des Roms, bien qu’à l’ordre du jour, n’est pas mise en pratique dans de nombreux États », a-t-elle souligné, sans citer de noms.
De plus, les dix milliards d’euros dédiés à leur intégration ne sont pas utilisés de façon judicieuse et efficace, selon M. Andor. Les États devraient être tenus de présenter un rapport annuel sur leurs actions, ont indiqué plusieurs participants.
Rien n’a changé en France
Marilisa Fantacci, du Collectif des Roms en Europe, a expliqué que la situation était toujours la même en France et que les expulsions se poursuivaient. L’Italie est aussi dans la ligne de mire de certaines associations.
Pour Viviane Reding, la France s’est pliée aux exigences de la Commission mais reste sous surveillance. « Les règles de base doivent s’appliquer non seulement en France mais aussi dans les autres pays. (…) L’application de la directive sur la libre-circulation est encore le meilleur garde-fou ».
Education et emploi
« La pauvreté se transmet de génération en génération chez les Roms. Il faut améliorer leur employabilité en mettant l’accent sur l’éducation », a quant à lui plaidé le commissaire à l’Emploi et aux Affaires sociales, László Andor.
Un rapport de la hongroise Lívia Járóka (PPE) insiste d’ailleurs sur l’investissement à long terme que représente l’intégration des Roms. Selon elle, sur 20 ou 30 ans, les politiques d’insertion seraient moins coûteuses que le maintien de leurs mauvaises conditions de vie.
L’intégration des Roms passe aussi par leur participation au processus décisionnel, ont expliqué certains intervenants.