Sébastien Lecornu démissionne quelques heures après avoir dévoilé son gouvernement
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a démissionné lundi matin (6 octobre), quelques heures seulement après avoir annoncé son gouvernement, déclenchant une nouvelle crise politique et laissant la France sans gouvernement opérationnel ni budget approuvé pour 2026. Une situation inédite dans l'histoire de la Ve République.
PARIS – Dans un communiqué de presse laconique envoyé lundi matin, l’Élysée a annoncé que « Sébastien Lecornu a remis la démission de son gouvernement au président de la République, qui l’a accepté ».
Depuis Matignon, le Premier ministre sortant a dénoncé l’incohérence des partis politiques français qui, selon lui, se comportent tous « comme s’ils avaient tous la majorité absolue à l’Assemblée nationale », ainsi que les « appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027, et ce même au sein du gouvernement formé hier soir.
« Être premier ministre est une tâche difficile, sans doute encore un peu plus difficile en ce moment. Mais on ne peut pas être premier ministre lorsque les conditions ne sont pas remplies », a-t-il expliqué. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il encore ajouté.
Quelques heures après l’annonce de son gouvernement, Sébastien Lecornu avait dû faire face hier soir à une attaque en règle de Bruno Retailleau, le président des Républicains (LR), tout juste confirmé pour la troisième fois dans ses fonctions de ministre de l’Intérieur.
« La composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise », avait-il dénoncé, expliquant réunir ce matin « le comité stratégique des Républicains ».
En cause, selon l’un de ses proches, qui s’adressait hier soir à des journalistes, le « resserrement » du gouvernement autour du parti d’Emmanuel Macron, Renaissance.
La démission soudaine et inattendue de Sébastien Lecornu plonge la France dans un vide politique. Sans Premier ministre, sans gouvernement et sans budget 2026 adopté, Emmanuel Macron se retrouve une fois de plus en première ligne d’une crise institutionnelle qui s’aggrave.
Quelques minutes après l’annonce de la démission de Sébastien Lecronu, le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a estimé qu’il ne pouvait y avoir « de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale ».
Également très prompte à réagir, le dirigeant de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a de son côté appelé à la « destitution d’Emmanuel Macron ».
Cette annonce choc a également secoué les marchés financiers lundi matin. Le CAC 40 a chuté de 1,24 % à 10 heures CEST, le STOXX Europe 600 a reculé de 0,28 % et l’euro a perdu 0,3 % face au dollar, à 1,1675 $.