Selon la Première ministre serbe, l’UE aurait violé plusieurs accords internationaux
Après que le Conseil de l’Europe a accepté la demande d’adhésion du Kosovo, la Première ministre serbe Ana Brnabić a déclaré que l’UE a violé plusieurs accords internationaux.
Après que le Conseil de l’Europe, un organe international de protection des droits humains basé à Strasbourg, a accepté la demande d’adhésion du Kosovo, la Première ministre serbe Ana Brnabić a déclaré que l’UE a violé plusieurs accords internationaux.
La candidature du Kosovo au Conseil de l’Europe a été acceptée avec 33 voix sur 46, mais les responsables serbes, notamment le ministre des Affaires étrangères Ivica Dačić, ont fait remarquer qu’une entité « qui n’est pas un État ne peut pas être membre du Conseil de l’Europe ».
« Le Conseil de l’Europe est un organisme distinct de l’Union européenne. Nous sommes conscients du vote de la Serbie contre la candidature, mais nous nous concentrons sur le dialogue Belgrade-Pristina », a indiqué Peter Stano, porte-parole principal de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux journalistes albanais. Ces derniers lui demandaient si la Serbie avait rompu les accords de Bruxelles et d’Ohrid, qui stipulent que la Serbie ne s’opposera pas à l’adhésion du Kosovo à une quelconque organisation internationale.
Sur Twitter, Mme Brnabić a indiqué que « la Serbie constate que l’Union européenne, une fois de plus, a directement enfreint tous les points suivants : l’accord de Bruxelles, l’accord proposé par l’UE et l’accord d’Ohrid, le statut du Conseil de l’Europe, la charte de l’ONU et la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU ».
« D’ailleurs, j’adore le passage où [Peter] Stano parle d’une “logique très simple” des négociations. “Chaque partie doit faire quelque chose pour obtenir quelque chose.” En réalité, Pristina a obtenu plus que quelque chose en ne faisant exactement rien. Voilà votre logique simple », a-t-elle conclu.
Entre-temps, nombreux sont ceux qui ont affirmé que la Serbie avait violé de nombreuses parties d’autres accords soutenus par l’UE, notamment les ingérences dans les élections étrangères liées au récent vote au nord du Kosovo, le lobbying contre la reconnaissance et l’adhésion du Kosovo à des organisations internationales, et le vote contre sa candidature au Conseil de l’Europe.
Deux experts du bureau de l’Assemblée parlementaire vont poursuivre l’analyse de la candidature du Kosovo. Ils rédigeront un rapport sur le Kosovo et évalueront la conformité de son système judiciaire avec les principes fondamentaux du Conseil de l’Europe.
L’assemblée nommera ensuite deux rapporteurs de la commission des Affaires politiques et de la Démocratie et de la commission des Questions juridiques et des Droits humains, qui rédigeront des rapports qui seront examinés et votés par l’Assemblée.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]