Selon les experts, l'UE doit s'inspirer de l'élan chinois vers une énergie propre
L'UE risque de se faire distancer par la Chine, alors que celle-ci lance son tout dernier programme énergétique sur cinq ans, qui va orienter la production vers les énergies propres telles que l'énergie éolienne, ont signalé les experts.
L'UE risque de se faire distancer par la Chine, alors que celle-ci lance son tout dernier programme énergétique sur cinq ans, qui va orienter la production vers les énergies propres telles que l'énergie éolienne, ont signalé les experts.
« La Chine intègre ses politiques en matière d’énergie et de changement climatique pour les faire fonctionner à l’heure où l’UE semble fragmenter les siennes », a déclaré Nick Mabey, conseiller climatique pour les deux derniers gouvernements britanniques et PDG d’E3G, une consultance sur le climat.
« Nous avons traversé une année décousue en Europe, avec différentes feuilles de route et pléthore de politiques, dont aucune n’apporte un projet cohérent pour la sécurité énergétique et climatique », a-t-il confié à EURACTIV.
Le « nouveau projet de développement de l’industrie énergétique » de la Chine ne sera pas publié avant la fin mars, et des ajustements pourraient être apportés suite à la catastrophe de Fukushima, mais de nombreux aspects essentiels du projet ont été adoptés aujourd’hui (14 mars) lors du Congrès national du peuple à Pékin.
Un nouveau bouquet énergétique qui repose sur les énergies renouvelables
La part des énergies renouvelables sera augmentée pour s’établir à 11,4 % de la consommation énergétique totale de la Chine d’ici 2015 et à 15 % d’ici 2020, alors que l’intensité énergétique, c'est-à-dire la quantité d’énergie consommée par unité de PIB, sera réduite de 16 % et l’intensité en carbone de 17 %
La consommation de charbon sera progressivement remplacée par le gaz naturel, qui passera de 4 à 8 % du bouquet énergétique.
« Ils utilisent l’argent à bon escient », a commenté M. Mabey. « L’ironie est que là où la Chine construit un réseau génial et intelligent en utilisant les technologies et les fonds européens, l’Europe ne le fait pas ».
En 2010, la Chine a dépassé les Etats-Unis en tant que leader sur la capacité d’énergie éolienne installée, avec 41,8 GW contre 40,2 GW et, malgré son problème de connectivité du réseau, le secteur éolien se trouve au cœur des projets énergétiques de la Chine.
« C’est crucial », a déclaré M. Mabey. « Dans les cinq années à venir, l’énergie éolienne constituera la majeure partie de l’évolution vers l’énergie renouvelable non hydroélectrique en Chine ».
Pour Steve Sawyer, secrétaire général du Conseil mondial sur l’énergie éolienne et conseiller du gouvernement chinois sur la formulation de ses lois sur l’énergie renouvelable, maintenir la croissance du secteur de l’énergie éolienne européen suite à son lancement initial est désormais vital.
Le développement de nouveaux marchés énergétiques en Europe de l’est était urgent « pour maintenir une masse critique pour le secteur de manière à ce que tout ne parte pas à l’est », a-t-il déclaré à EURACTIV.
« Cela s’est déjà passé dans une certaine mesure », a-t-il dit. « Vous avez vu les affaires de mises à pied de Vestas, LM et d’autres entreprises [en Europe]. Leurs usines sont simplement situées à un autre endroit, en Chine, en Inde ou dans d’autres parties de l’Asie.
Mais il s’est opposé aux mesures protectionnistes contre la Chine. « Nous n’avons pas peur de la concurrence », a-t-il déclaré. « Nous l’encouragerions ».
« L’énergie éolienne profitera énormément d’un échange ouvert et libre de produits et d’une concurrence systématiquement juste ».
L’Europe est en tête mais la Chine la rattrape
Malgré les récents progrès de la Chine, l’Europe demeure largement perçue comme le leader mondial des mécanismes des marchés, des technologies et des cadres politiques verts.
Mais la Chine la rattrape rapidement, selon Nick Mabey.
« L’Europe doit commencer à vivre le succès de sa propre diplomatie climatique », a-t-il déclaré. « Elle veut que d’autres Etats agissent et voilà à quoi ressemble leur action ».
« Il existait une illusion quant au fait que tout le monde voudrait acheter la technologie européenne, mais devinez quoi : d’autres pays veulent produire des technologies renouvelables ».
Davantage d’investissements en matière d’économie de carbone étaient nécessaires pour la Chine et afin d’intégrer les Etats-Unis dans la course à la technologie climatique, pensait, M. Mabey.
« Voilà les nouvelles règles du jeu et les dirigeants européens doivent montrer que nous sommes capables de concurrencer la Chine, à notre propre jeu ».