Slovaquie : un ancien ministre de la Défense accuse la Russie de tentatives d’ingérence

Les services de renseignement slovaques ont découvert que la Russie avait tenté de truquer les prochaines élections législatives en Slovaquie en faveur du parti SMER — social-démocratie, a déclaré l’ancien ministre de la Défense Jaroslav Naď dimanche.

EURACTIV Slovaquie
Slovak Defence Minister Jaroslav Nad visits Sliac airbase with German and Dutch counterparts
Selon Jaroslav Naď, la Russie aurait payé des citoyens slovaques dans le but de truquer les élections en faveur du parti SMER, car une victoire de ce dernier pourrait faire basculer la politique du pays en faveur du président russe Vladimir Poutine. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Les services de renseignement slovaques ont découvert que la Russie avait tenté de truquer les prochaines élections législatives en Slovaquie en faveur du parti SMER — social-démocratie (SMER — SD), a déclaré l’ancien ministre de la Défense, Jaroslav Naď, lors d’un entretien télévisé dimanche (28 mai).

Selon Jaroslav Naď, la Russie aurait payé des citoyens slovaques dans le but de truquer les élections en faveur du parti SMER, car une victoire de ce dernier pourrait faire basculer la politique du pays en faveur du président russe Vladimir Poutine.

« Nous avons reçu des informations de l’étranger, y compris la personne, l’heure et le lieu exacts où un citoyen de la République slovaque se trouvait en Russie pour recevoir des financements en faveur du parti politique SMER-SD afin de manipuler les élections », a déclaré M. Naď lors de l’entretien.

Les plus hauts responsables slovaques devaient recevoir ces informations, qui auraient également été transmises à la police.

Robert Kaliňák, membre de la présidence du SMER, a rétorqué que le parti n’avait jamais accepté « d’argent étranger » et a qualifié l’allégation de « balivernes invraisemblables ». Le SMER est actuellement en tête des sondages, notamment grâce à ses appels à l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine.

M. Naď n’a pas fourni de détails supplémentaires, notamment sur la manière dont la manipulation russe était opérée. L’année dernière, la Slovaquie a expulsé des diplomates russes pour avoir payé des citoyens slovaques pour espionner pour son compte.

Le président du parlement slovaque, Boris Kollár, a refusé de commenter l’affaire. « Je n’informerai certainement pas le public ou les médias de ces informations. Il s’agit d’informations classifiées », a-t-il expliqué au Denník N.

La Slovaquie est actuellement dirigée par un gouvernement technocratique à la suite d’un scandale lié aux fonds européens. Des élections anticipées sont prévues le 30 septembre.

La politique étrangère de la Slovaquie pourrait changer de manière significative après une victoire de SMER. En effet, le gouvernement dirigé par ce parti a voté en faveur des sanctions de l’UE contre la Russie en 2014, mais son chef Robert Fico les a qualifiées d’« insensées » la même année. Il a également demandé à ce qu’elles soient abandonnées après une rencontre avec le président russe en 2016.

Le parti de M. Fico fait face à des appels à l’expulsion du Parti socialiste européen (PSE) pour avoir comparé les soldats de l’OTAN à l’armée nazie et avoir imputé l’invasion russe aux États-Unis.

Un récent sondage montre que 34 % des Slovaques pensent que la guerre a été causée par « l’Occident qui a provoqué la Russie », soit presque le double des Hongrois (19 %). À titre de comparaison, en Pologne, seuls 4 % des gens partagent ce point de vue.