Sondage : sur l’Europe, Hollande a tout à prouver

Selon une enquête CSA-Vigie2012-EURACTIV.fr, 65% des Français croient Nicolas Sarkozy plus capable d’avoir de l’influence à Bruxelles que le socialiste et valorisent ainsi l’expérience du sortant.

EURACTIV.fr
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Selon une enquête CSA-Vigie2012-EURACTIV.fr, 65% des Français croient Nicolas Sarkozy plus capable d’avoir de l’influence à Bruxelles que le socialiste et valorisent ainsi l’expérience du sortant.

Depuis des mois, le candidat socialiste à la présidentielle martèle que l’austérité empêchera l’Europe et la France de sortir de la crise.

Pour cette raison, François Hollande plaide pour une renégociation du pacte budgétaire signé en janvier 2012 par 25 pays de l’UE. Ce discours a été mal perçu au départ. Mais de nombreux dirigeants européens plaident désormais pour un pacte de croissance adossé au traité. 

Mais qui de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande sera le mieux à même de mener ces futurs combats européens?

A en croire un sondage réalisé par l’institut CSA pour le site de « fact-cheking » Vigie2012 en partenariat avec EURACTIV.fr, rendu public mardi 1er mai, les Français estiment le président sortant beaucoup plus capable d’exercer une influence au plan européen. 

Différence de statut

65% des personnes interrogées donnent donc une prime à l’expérience de Nicolas Sarkozy pour peser dans la balance à Bruxelles, quand seulement 27% d’entre elles font plus confiance à François Hollande.

« Un tel écart est en partie à mettre sur le compte du statut actuel de Nicolas Sarkozy qui a déjà eu l’occasion de faire preuve de ses capacités à agir au niveau européen, à la différence de François Hollande », confirme Marek Kubista de l’institut CSA. 

Ce point de vue transcende les clivages politiques. Les électeurs de l’UMP, du Modem, et du Front national, sont très largement convaincus que Nicolas Sarkozy aurait d’avantage d’influence à l’échelle européenne.

Mais l’image du président sortant, très présent sur la scène internationale et européenne tout au long de son quinquennat, a aussi marqué à gauche. 45% des électeurs du Front de gauche estiment Nicolas Sarkozy plus capable de faire passer ses idées au plan européen. Seuls les électeurs socialistes voient leur candidat mieux à même d’avoir de l’influence à Bruxelles (63%). 

Le manque d’expérience internationale du candidat socialiste, souvent évoquée par ses détracteurs, explique donc en partie ces résultats.

Mais ce sondage va aussi dans le sens d’une précédente étude, selon laquelle les Français ont une image plutôt positive de la gestion des dossiers européens de Nicolas Sarkozy. 

Présidence française de l’UE, crise financière puis crise des dettes souveraines…Les enjeux européens ont particulièrement rythmé le quinquennat qui s’achève. Et le Président sortant n’a pas manqué de se présenter en sauveur de la zone euro, aux côtés d’Angela Merkel, à plusieurs reprises.

Autant de symboles qui ont marqué les Français, attachés à un exécutif fort dans leur pays et au plan européen et international.

Pourtant, la méthode de Nicolas Sarkozy et les choix effectués par le président français et Angela Merkel, par la suite imposés à leurs partenaires, sont très critiqués. 

>>> Lire : Nicolas Sarkozy, l’Européen intéressé

Le président sortant a axé une partie de sa campagne sur la révision des règles de fonctionnement de l’espace de libre circulation (Schengen), en menaçant ses partenaires de suspendre la participation de la France à ces accords en cas d’échec des négociations. Cette « politique de la chaise vide », déjà exercée par le général de Gaulle en 1965, n’effraierait donc pas les Français?

Stratégie de l’esquive

De façon plus générale, les personnes interrogées estiment les propos de Nicolas Sarkozy légèrement plus fiables que ceux de François Hollande. Ils sont 47% à trouver le président sortant plus fiable lorsqu’il s’exprime que le candidat socialiste (43%). 

Ce score rejoint en partie les critiques sur la « stratégie de l’esquive » qu’aurait adoptée François Hollande depuis le début de la campagne. La faible avance de Nicolas Sarkozy peut également s’expliquer par sa stature de président de la République, comparé à celui de simple candidat du socialiste. 

Ce résultat serré varie nettement en fonction du vote au premier tour des personnes interrogées. Logiquement, les électeurs de droite et de gauche estiment les propos de leurs candidats plus crédibles.

Les résultats varient beaucoup en fonction du diplôme. Au-delà d’un niveau de Bac+2, les Français sondés font largement plus confiance à François Hollande (52%) qu’à Nicolas Sarkozy (37%).

Les Français sans diplôme et jusqu’au niveau BTS pensent en revanche l’inverse, 50% estimant Nicolas Sarkozy plus crédible, contre 37% pour François Hollande.

Ce sondage a été effectué par téléphone les 24 et 25 avril 2012 auprès de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.