Sortie du nucléaire : les énergéticiens veulent faire payer l’Allemagne

Le tournant énergétique de l’Allemagne a un coût. Surtout pour les producteurs d’électricité qui ne pourront plus compter sur la rente du nucléaire pour investir massivement dans la rénovation des réseaux et les énergies renouvelables.

EURACTIV.fr

Le tournant énergétique de l’Allemagne a un coût. Surtout pour les producteurs d’électricité qui ne pourront plus compter sur la rente du nucléaire pour investir massivement dans la rénovation des réseaux et les énergies renouvelables.

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Tous les moyens sont bons pour récupérer sa mise. Les deux géants de l’énergie en Allemagne, E.ON et RWE, préparent un recours contre la décision allemande d’arrêter la production d’électricité nucléaire. Ils avancent une atteinte à leur droit de propriété sur les quotas de production d’électricité nucléaire accordés à chaque centrale par la loi atomique allemande, modifiée en octobre 2010, selon le quotidien Les Echos du vendredi 24 juin.

Taxe discriminatoire

En attendant, les deux groupes ont déjà déposé un recours conjoint contre la taxe sur le combustible nucléaire – dont ils doivent s’acquitter à chaque rechargement de leurs centrales – le 22 juin dernier. Il n’est pas question pour E.ON et RWE de laisser l’État allemand bénéficier des 1,3 milliards d’euros par an que pourrait leur rapporter cette nouvelle taxe, en vigueur depuis le début de l’année. La pratique leur apparait d’ailleurs comme discriminatoire puisqu’elle ne s’applique qu’à l’énergie issue du nucléaire.

Le même jour, le groupe suédois Vattenfall, qui détient les centrales de Brunsbüttel et de Krümmel à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima, a lui aussi réclamé sa part du gâteau.

Son président, Oystein Loseth, a indiqué que le montant des pertes causées par l’arrêt de ces deux centrales s’élevait à 1,1 milliards d’euros sur le bénéfice opérationnel du groupe, au deuxième trimestre 2011. Contraint de diminuer la valeur comptable de ses centrales et d’économiser pour le démantèlement et la gestion des déchets nucléaires, le PDG a réclamé une « indemnisation juste » à l’État allemand.

Cession d’actifs

Par ailleurs, le numéro deux allemand RWE devrait céder 75% de son réseau haute tension Amprion, a déclaré mercredi à l’AFP une porte-parole du groupe. Depuis que l’Allemagne a annoncé sa sortie du nucléaire, l’action en bourse de l’entreprise est en perte de valeur et le groupe craint une OPA hostile.

Or, cette vente pourrait rapporter près d’un milliard d’euros à RWE, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. La cession, qui pourrait bénéficier à sept ou huit grands investisseurs dont l’assureur Allianz, devrait être conclue d’ici la fin du mois.

Le Parlement allemand votera le projet de loi de sortie du nucléaire le 30 juin prochain. S’il passe, le plan sera mis en oeuvre dès la mi-juillet.