Suède : le centre-droit confirme, l’extrême-droite perce

Après les élections législatives, le parti xénophobe des "Démocrates" fait son entrée au Parlement et aura un rôle d’arbitre face aux deux grands blocs.

EURACTIV.fr

Après les élections législatives, le parti xénophobe des « Démocrates » fait son entrée au Parlement et aura un rôle d’arbitre face aux deux grands blocs.

Le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, est devenu le 19 septembre le premier dirigeant de centre-droit à remporter deux élections législatives successives dans son pays. Cependant, le parti n’obtient pas la majorité absolue en raison du bon score de l’extrême-droite. Des analystes avaient prévenu avant le scrutin qu’un parlement sans majorité inquiéterait les investisseurs et pourrait peser sur la monnaie suédoise.

Selon les résultats définitifs, l’Alliance de Fredrik Reinfeldt remporte 172 des 349 sièges du parlement et se voit privée d’une majorité absolue, comme l’avaient envisagé les sondages d’avant scrutin. Les Démocrates suédois, formation d’extrême-droite, obtiennent 20 sièges et entrent pour la première fois au parlement. L’opposition sociale-démocrate remporte pour sa part 157 sièges.

Vers une alliance avec les Verts?

« Nous avons un scénario que la majorité des électeurs suédois souhaitait éviter, qui fait qu’un parti xénophobe se retrouve en position d’arbitre », souligne Ulf Bjereld, professeur de sciences politiques à l’Université de Göteborg.

M. Reinfeldt, qui a promis de poursuivre sa politique de baisse des impôts et des subventions, s’est dit prêt à diriger un gouvernement minoritaire tout en indiquant qu’il allait avant tout tenter pour obtenir une alliance avec les Verts.

« Le bloc le plus important doit gouverner et c’est l’Alliance », a déclaré Reinfeldt à ses militants lors d’une soirée électorale organisée à Stockholm.

Les Démocrates suédois se défendent d’être racistes mais les deux grands blocs ont exclu de coopérer avec eux. Selon les analystes, le parti a récolté des voix parmi les chômeurs dont le nombre a grimpé à cause de la crise économique mondiale.

Anti-musulmans

Très critique des musulmans, le parti trouve ses racines dans le mouvement skinhead et entend réduire l’immigration. »Aujourd’hui nous avons écrit l’histoire politique. Je pense que c’est fantastique », s’est félicité le leader du parti Jimmie Aksesson. Les Démocrates se sont inspirés du succès danois du Parti du peuple qui apporte un soutien parlementaire indispensable au gouvernement en place.

La Suède a été l’un des pays de l’Union européenne les plus accueillants pour les demandeurs d’asile. Elle a permis à des réfugiés des guerres des Balkans de venir sur son territoire dans les années 1990 et à de nombreux Irakiens après l’invasion de leur pays par les forces américaines.

Selon un rapport des Nations unies sur l’immigration, les immigrants constituaient, en 2009, 14% de la population suédoise, contre 12,4% en moyenne en Europe du Nord.