Syrie : les ministres de l’UE divisés cherchent un compromis sur l’embargo sur les armes
Les ministres européens des affaires étrangères discuteront aujourd’hui (27 mai) d’une proposition franco-britannique qui vise à lever l’embargo sur les armes en Syrie afin d’armer les opposants au régime du président Bachar al-Assad.
Les ministres européens des affaires étrangères discuteront aujourd’hui (27 mai) d’une proposition franco-britannique qui vise à lever l’embargo sur les armes en Syrie afin d’armer les opposants au régime du président Bachar al-Assad.
La France et la Grande-Bretagne défendront la levée de l’embargo sur les armes alors que l’Autriche, la Suède et plusieurs autres préconiseront le maintien des sanctions en général.
Londres a déjà fait monter les enjeux en menaçant d'utiliser son droit de veto sur une révision complète des sanctions actuelles lors de leur échéance le 1er juin.
L’UE n'offrira probablement pas un tel coup de pouce à Bachar al-Assad en abandonnant des mesures qui visent à empêcher le gouvernement de faire du commerce et de lever des fonds ainsi qu'à limiter les mouvements et la fortune personnelle de la famille et des proches du président.
Des représentants de l'UE envisagent un compromis, éventuellement en retardant la levée de l'embargo sur les armes après des négociations de paix ou en limitant le type d'armes autorisées et la fourniture à certains groupes rebelles.
Le débat autour de l'embargo sur les armes devient de plus en plus urgent en raison des avancées militaires récentes des troupes de Bachar al?Assad contre des rebelles dont l'objectif politique est de mettre fin au régime autoritaire de la dynastie, approuvé par l'Union européenne sur le plan diplomatique.
Selon des opposants, la prise d'une décision maintenant sur l'envoi d'armes aux rebelles pourrait diminuer l’influence de la conférence internationale de la paix prévue le mois prochain, promue par les États-Unis et la Russie. Ils utilisent cet argument afin d'étendre l'embargo à d'autres domaines.
Aucun projet immédiat d'armement des rebelles
La France et la Grande-Bretagne indiquent qu'elles n’envisagent pas immédiatement d'armer les rebelles, mais affirment que la levée de l'embargo de l'UE renforcerait la position de l'Occident et de l'opposition dans les négociations.
L'Autriche a prévu qu'elle arrêterait de patrouiller le long de la ligne de cessez-le-feu de l'ONU sur le plateau du Golan entre Israël et la Syrie si l'embargo de l'UE sur les armes était levé. Vienne affirme que l'UE mettrait ses troupes en danger en devenant un allié militaire d'un camp de la guerre civile syrienne.
Alors que les rebelles reçoivent des armes des États arabes par le biais de la Jordanie et de la Turquie, les puissances occidentales craignent que les militants islamistes qui luttent contre Bachar al-Assad n'utilisent ces armes contre elles. Les États-Unis s'abstiennent également de fournir des armes.
Selon des diplomates de l'UE, quatre ou cinq États membres souhaitent réappliquer l'embargo de l'UE sur les armes, même si certains d'entre eux accepteraient une prolongation d'un mois ou deux afin d'évaluer le résultat des négociations de paix. La France a proposé de lever l'embargo immédiatement, mais la mise en œuvre dépendrait d'une avancée majeure dans les négociations.
L'Italie est ouverte à la levée de l'embargo tant qu'il existe des contrôles sur les destinataires des armes, a déclaré un diplomate de l'UE.
Un autre représentant de l'UE a déclaré qu'un compromis pourrait impliquer l'examen au cas par cas des envois d'armes ou une limitation du type d'armes disponibles, même si la mise en place serait difficile.
Un fonctionnaire haut-placé de l'UE doute qu'un changement majeur sur l'embargo sur les armes ait lieu immédiatement après la réunion des ministres de lundi. Il a déclaré : « Le résultat le plus probable semblerait être une prolongation de la situation actuelle pour une courte période. »