Taux de démission des eurodéputés : un think tank tire la sonnette d’alarme [FR]
120 des 785 membres actuels du Parlement européen ont démissionné avant la fin de leur mandat, le plus souvent pour entrer en fonction dans leur gouvernement ou leur Parlement nationaux. Ce chiffre important a incité un think tank à proposer que les prochains eurodéputés signent un engagement public de rester dans leurs fonctions jusqu’au terme du mandat pour lequel ils ont été élus.
120 des 785 membres actuels du Parlement européen ont démissionné avant la fin de leur mandat, le plus souvent pour entrer en fonction dans leur gouvernement ou leur Parlement nationaux. Ce chiffre important a incité un think tank à proposer que les prochains eurodéputés signent un engagement public de rester dans leurs fonctions jusqu’au terme du mandat pour lequel ils ont été élus.
Dans son premier document d’orientation, un nouveau think tank roumain fait des recommandations pour les prochaines élections européennes, a rapporté EURACTIV Roumanie. Selon le Romanian Centre for European Policies (CRPE), la Roumanie détient la plus importante proportion de démissions d’eurodéputés de tous les pays européens.
Selon la recherche, neuf des 35 eurodéputés roumains élus en 2007 suite à l’adhésion du pays à l’UE ont démissionné de leur poste. Autrement dit, la Roumanie est à cet égard le plus mauvais élève du Parlement européen, estime le think tank. En comparaison, le document relève qu’aucun des 18 eurodéputés bulgares, qui ont adhéré à l’UE au même moment, n’a démissionné de ses fonctions.
En Roumanie, faire carrière au Parlement européen est considéré comme un ersatz à une carrière au gouvernement ou au parlement nationaux, selon le think tank. Ainsi, dès qu’une alternative se présente à Bucarest, le mandat parlementaire n’est plus intéressant pour les parlementaires roumains, a précisé le think tank.
Il y a en fait des pays dont le nombre de démissions est encore plus élevé, mais la Roumanie est considérée comme étant le pire exemple. En effet, les autres pays ont tenu des élections européennes en 2004, par conséquent les membres de ces pays ont démissionné de leur poste après avoir servi au Parlement pendant une longue période. L’Italie a le plus grand nombre de démissions – 39 eurodéputés, c’est-à-dire qu’exactement la moitié de ses membres a opté pour une autre fonction. Suivent le Danemark (35,7 %), la Grèce (29,1 %), les Pays-Bas (22,2 %) et la Finlande (21,4 %).
Il existe toutefois également des pays ne dénombrant aucune démission : Chypre, la Lettonie, le Luxembourg et la Slovaquie. Le taux de démission pour l’ensemble de l’assemblée européenne s’élève à 13,2 %.
Dans ses recommandations, le think-tank indique que les candidats soutenus par des partis politiques pour les prochaines élections européennes devraient signer des engagements publics de ne pas mettre un terme à leur mandat. Une telle mesure équivaudrait à un instrument informel de responsabilisation et pourrait avoir un impact sur la réduction du nombre de responsables politiques ne cherchant au Parlement européen qu’un poste temporaire, a ajouté le think tank. Nous rappellerons cet engagement aux membres chaque fois qu’un eurodéputé démissionne de son poste, a-t-il conclu.