Štefan Füle se rend en Macédoine à « un moment critique »
La semaine dernière, le commissaire en charge de l’élargissement, Štefan Füle, avait prévenu que la voie de l’intégration euro-atlantique de la Macédoine était « menacée ». Il est aujourd’hui (1er mars) à Skopje en vue de désamorcer les tensions grandissantes depuis décembre 2012 entre le gouvernement et l’opposition.
La semaine dernière, le commissaire en charge de l’élargissement, Štefan Füle, avait prévenu que la voie de l’intégration euro-atlantique de la Macédoine était « menacée ». Il est aujourd’hui (1er mars) à Skopje en vue de désamorcer les tensions grandissantes depuis décembre 2012 entre le gouvernement et l’opposition.
L'annonce du déplacement de Štefan Füle en a surpris plus d'un. Le commissaire avait annulé auparavant une visite dans le cadre du « dialogue de haut niveau sur l'adhésion » (DHNA).
La Commission européenne a établi ce genre de contacts afin de trouver une solution de rechange aux négociations d'adhésion. La Macédoine est un pays candidat depuis décembre 2005, mais n'a pas été en mesure d'entamer les négociations d'adhésion en raison de son conflit toponymique avec la Grèce (voir « Contexte »).
>> Lire : Štefan Füle annule une visite en Macédoine
M. Füle aurait déclaré que la « voie vers l'intégration euro-atlantique du pays était menacée », selon son porte-parole Peter Stano le 22 février.
Des diplomates ont indiqué à EURACTIV qu'un tel vocabulaire n'avait jamais été utilisé à propos d'un pays candidat, sauf pour la Slovaquie sous le premier ministre nationaliste Vladimír Me?iar en 2002.
Les tensions s'intensifient en Macédoine depuis le 24 décembre : des députés de l'opposition ont tenté de bloquer le débat parlementaire sur le budget 2013 et ont été expulsés de la chambre.
>> Lire : L’UE ignorerait le recul de la démocratie en Macédoine
Il semblerait cette fois que M. Füle ait décidé de se rendre à Skopje avec un mandat en vue de désamorcer la crise et non dans le cadre du processus d'adhésion. Des sources de l'UE ont déclaré à EURACTIV que cette visite était « très importante ».
Les chefs de mission de l'Union européenne, l'OSCE et les États-Unis ont publié mardi un communiqué indiquant que « ce pays se trouve actuellement à un moment critique »
Depuis décembre 2012, le parti principal de l'opposition en Macédoine, les sociaux-démocrates (SDSM), boycotte le parlement et appelle à des élections anticipées. Réciproquement, le parti au pouvoir VMRO-DPMNE du premier ministre Nikola Gruevski, membre du Parti populaire européen de centre-droit, a prôné la tenue d'élections locales le 24 mars.
Le SDSM a décidé mercredi de boycotter les élections locales, en l'absence d'accord sur l'organisation d'élections législatives anticipées. Des élections générales devraient être organisées en 2015.
La commission des affaires étrangères du Parlement européen a décidé le même jour, de manière inhabituelle, de reporter le vote sur sa résolution relative au rapport de suivi 2012 sur la Macédoine. Cette décision visait à laisser l'occasion aux responsables politiques du pays de résoudre l'impasse.
Le rapporteur du Parlement européen sur la Macédoine, l'eurodéputé britannique Richard Howitt (S&D), et l'ancien président polonais du Parlement Jerzy Buzek (PPE) accompagneront M. Füle à Skopje.
M. Howitt a déclaré hier à EURACTIV que la crise actuelle compromettait les aspirations des citoyens du pays à un avenir meilleur et la stabilité politique de la Macédoine.
« Il faut s'éloigner des ultimatums publics, des positions fixes et des tactiques à court terme et se rapprocher d'un dialogue direct et d'un compromis dans l'intérêt des citoyens et du pays. Nous exhortons à cet égard tous les dirigeants politiques à assumer leurs responsabilités et à trouver le plus vite possible une solution définitive à la crise politique actuelle », a-t-il indiqué.
Personne ne peut prévoir le genre de message que Štefan Füle délivrera au gouvernement macédonien et à l'opposition.
Il y a quelques années, le gouvernement avait limité les droits d’un média indépendant et une campagne gouvernementale visant à ériger des monuments avait irrité la Grèce. M. Füle avait prévenu en juin 2011 la Macédoine qu’elle pourrait perdre la recommandation de la Commission pour le lancement de négociation d'adhésion.
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La communauté internationale surveille de très près la situation en Macédoine. Le pays est divisé d'un point de vue ethnique et plus de 25 % de la population est d'origine albanaise. Entre février et août 2011, le gouvernement s'est opposé à des insurgés d'origine albanaise, principalement dans le nord et l'ouest du pays. L'accord-cadre d'Ohrid d'août 2011, négocié par les puissances occidentales, a mis fin aux hostilités, mais des tensions sporadiques persistent depuis lors.