Tous les regards se tournent vers l'Arctique
Le septième Conseil de l'Arctique a ouvert ses portes aujourd'hui (11 mai) au Groenland. WikiLeaks a révélé que certains pays faisaient la course pour s'approprier les ressources pétrolières, gazières et minérales de la région alors que la glace continue de fondre à cause du réchauffement climatique.
Le septième Conseil de l'Arctique a ouvert ses portes aujourd'hui (11 mai) au Groenland. WikiLeaks a révélé que certains pays faisaient la course pour s'approprier les ressources pétrolières, gazières et minérales de la région alors que la glace continue de fondre à cause du réchauffement climatique.
Le Groenland est un territoire autonome sous souveraineté danoise, mais les câbles montre que les diplomates américains pensent qu'il est « clairement sur le chemin de l'indépendance », ce qui, selon eux, est « une opportunité unique » pour les entreprises gazières et pétrolières américaines.
Un fonctionnaire groenlandais a été cité, décrivant son « pays » comme n'étant plus qu'à « une découverte pétrolière » de l'indépendance.
L'Arctique détiendrait environ un quart des réserves de pétrole et de gaz encore inexploitées dans le monde.
Dans un autre câble, l'ambassadeur américain au Danemark de l'époque, James P. Cain, affirme qu'il a présenté certaines des meilleures institutions financières des Etats-Unis à deux ministres du gouvernement groenlandais « pour aider les Groenlandais à s'assurer les investissements nécessaires pour cette exploitation ».
A un moment, le ministre danois des affaires étrangères, Per Stig Moeller, plaisante avec les Américains en disant : « Si vous ne participez pas, nous aurons plus à prendre dans l'Arctique ».
Ces câbles ont été révélés alors qu'Hillary Clinton est devenue la première secrétaire d'Etat américaine à participer à une réunion du Conseil de l'Arctique aujourd'hui, signalant que la région gagnait en importance pour Washington.
« Il s’agit d’une innovation importante dans l’architecture de la coopération régionale et mondiale », a déclaré le vice-secrétaire d’Etat James Steinberg au sujet du Conseil cette semaine.
A cause du réchauffement climatique, la glace d’été pourrait bientôt disparaître autour de l’Arctique, dévastant les habitats naturels des peuples autochtones et menaçant la biodiversité.
Mais il pourrait également accroître l’accès des navires, l’exploration minière, pétrolière et gazière. D’ailleurs, des pays comme le Canada, le Danemark, la Norvège et la Russie ont déjà revendiqué des privilèges dans la région.
La semaine dernière, une nouvelle étude internationale a annoncé qu’une fonte accélérée de la glace arctique causerait une montée du niveau des mers de 90 centimètres à 1,5 mètre d’ici 2100, ce qui est plus que les prévisions précédentes.
Cela a entraîné des appels de la part des pays nordiques à agir davantage et à se concentrer plus sur l’Arctique lors des lentes négociations des Nations unies sur un accord mondial.
La conférence d’aujourd’hui, la septième de l’année, est vouée à discuter de l’amélioration de la gestion de cette vaste et vierge région.
Le premier accord formel du Conseil est attendu. Il s’agit d’un accord divisant la responsabilité des recherches et des sauvetages parmi les Etats de l’Arctique. Le débat se concentrera sur les lignes directrices visant à admettre des délégations d’observateurs issues de puissances ne faisant pas partie de l’Arctique, telles que la Chine.
Des décisions vouées à coordonner le développement du pétrole et du gaz dans la région pourraient également être envisagées, ainsi que l’établissement d’un secrétariat permanent du Conseil pour renforcer le rôle de gouvernance de l’organisation.
Le Conseil de l’Arctique comprend le Canada, le Danemark (qui gère les affaires étrangères pour le Groenland), la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie et la Suède, ainsi que des groupes qui représentent les habitants de la région.
Il s’agit d’une organisation internationale créée pour promouvoir la coopération parmi les Etats qui composent la région arctique, qui couvrent plus d’un sixième de la surface terrestre de la planète.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)