Tusk va-t-il rester à la tête du Conseil européen?

Le président du Conseil européen s'est déclaré « prêt » à découvrir quel sort lui réservent les dirigeants européens, dont une majorité soutien le renouvellement de son mandat en dépit de l'opposition de la Pologne.

EURACTIV.com
tusk
deuxième mandat.

Le président du Conseil européen s’est déclaré « prêt » à découvrir quel sort lui réservent les dirigeants européens, dont une majorité soutien le renouvellement de son mandat en dépit de l’opposition de la Pologne.

Dans une lettre envoyée aux autres dirigeants européens le 8 mars, la veille du sommet européen de deux jours à Bruxelles, la Première ministre polonaise, Beata Szydło, a accusé Donald Tusk, actuel président du Conseil européen et ancien Premier ministre polonais, de « violer brutalement » la neutralité politique.

Donald Tusk a répondu à ces accusation en insistant s’être montré « impartial et politiquement neutre envers les 28 États membres ». « Je ne suis pas responsable des tensions », a déclaré l’ancien Premier ministre lors d’une conférence de presse, le 8 mars, quelques heures après la publication de la lettre. Il a par ailleurs rappelé être « responsable des valeurs et des principes européens. C’est mon rôle et ma conviction profonde. »

En décembre, il avait prononcé un discours en Pologne au cours duquel il invitait le gouvernement à « respecter la population », dans un contexte de manifestations anti-gouvernementales.

Soutien majoritaire

D’après des diplomates, la plupart des dirigeants européens souhaitent voir Donald Tusk être réélu pour deux nouvelles années, quand son mandat actuel prendra fin, en mai.

Cette semaine, Beata Szydło a cependant présenté la candidature officielle de l’eurodéputé Jacek Saryusz-Wolski pour remplacer Donald Tusk. Seule la Hongrie soutient pour le moment la proposition de la Pologne d’évincer Donald Tusk.

>> Lire : Varsovie tente de saborder la candidature de Donald Tusk

Journée de la femme

Tusk s’est exprimé à l’occasion d’une conférence sur des questions sociales, affirmant que « son cœur était avec les femmes polonaises ».

Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne en charge des politiques sociales, a confirmé qu’une série de propositions prévues pour le mois d’avril incluront des mesures telles que la réduction de la différence de salaires entre hommes et femmes, qui est actuellement de 16 % en Europe.

Le 26 avril, la Commission annoncera des changements juridiques concernant les politiques sociales, dans le cadre de l’initiative du pilier européen des droits sociaux. Il s’agira notamment d’introduire de nouvelles règles sur les contrats de travail et l’équilibre entre travail et vie privée, des mesures très attendues depuis que l’exécutif a retiré, en 2015, une proposition controversée de réforme de la loi européenne sur les congés maternité.

La discrimination sexuelle sur les salaires est interdite dans l’UE. Une source européenne a déclaré qu’il était « incertain » que la Commission introduise de nouvelles législations pour limiter les disparités de salaire, mais que l’exécutif pourrait recommander des mesures pour les pays où les différences de salaires entre hommes et femmes s’avèrent particulièrement importantes.

Le Parlement européen a déjà adopté son propre rapport non contraignant en janvier dernier, préconisant que la Commission révise la législation européenne en matière de discrimination salariale et propose de nouvelles mesures pour les congés maternité.

>> Lire : La Commission s’apprête à sacrifier la directive congé maternité