Twitter : les eurodéputés manquent le coche [FR]
Alors que les membres du Congrès sur le Capitol Hill communiquent déjà via Twitter avec les Américains à travers les Etats-Unis, les eurodéputés n’ont encore qu’une utilisation indigente d’Internet et n’ont pas saisi le potentiel de la cyberpolitique pour impliquer les électeurs. C’est ce que découvre une enquête publiée par le cabinet d’affaires publiques Fleishman-Hillard.
Alors que les membres du Congrès sur le Capitol Hill communiquent déjà via Twitter avec les Américains à travers les Etats-Unis, les eurodéputés n’ont encore qu’une utilisation indigente d’Internet et n’ont pas saisi le potentiel de la cyberpolitique pour impliquer les électeurs. C’est ce que découvre une enquête publiée par le cabinet d’affaires publiques Fleishman-Hillard.
Selon l’étude, 75 % des eurodéputés utilisent leur site internet pour atteindre leur électorat, mais seule la moitié d’entre eux (51 %) visitent des blogs une fois par semaine ou plus. Un écrasant deux-tiers des eurodéputés n’ont jamais entendu parler de l’instrument de networking social Twitter.
Inspiré par Obama
La grande majorité des eurodéputés utilisent Internet et se sont certainement inspirés du succès qu’a connu Barack Obama, mais trop d’entre eux croient encore que les outils informatiques sont moins efficaces que les moyens de communication traditionnels, tels que la télévision ou les journaux, a déclaré James Stevens, vice-président pour les services informatiques à Fleishman-Hillard à Bruxelles.
Je crois également qu’il faut reconnaître que nos eurodéputés ont fait beaucoup de progrès ces cinq dernières années, de la même façon que ces outils. Il y a cinq ans, en 2004, Twitter n’existait pas, Youtube non plus et Facebook n’était utilisé que par les étudiants des universités américaines, a expliqué M. Stevens.
A moins d’un mois des élections européennes, le Parti socialiste européen (PSE) bat les autres groupes politiques principaux du Parlement européen dans l’utilisation des technologies en ligne, selon l’enquête.
Par leur utilisation de Facebook, Flickr, Twitter et Digg, les membres du PSE semblent être des adopteurs précoces (early adopters) de ces technologies, bien plus que les membres des autres partis importants, a expliqué M. Stevens.
La division atlantique
Malgré tout, les eurodéputés traînent la patte derrière leurs pairs américains. Sur les 535 membres du Congrès, 116 utilisent déjà Twitter (22 %). De ce côté de l’Atlantique, seulement 27 eurodéputés l’utilisent, c’est-à-dire 3,5 % des 785 membres du Parlement européen.
Les experts à Fleishman-Hillard restent confiants dans le fait que les eurodéputés rattraperont bientôt leur retard, mais certainement pas à temps pour les élections à venir, en dépit de quelques exceptions.
Les eurodéputés bataillent pour quelques lignes dans la presse, et pourtant de plus en plus d’électeurs vont s’informer en ligne, selon Christofer Fiellner, un eurodéputé conservateur suédois. J’ai mené ma campagne en ligne et je pousse mes collègues à faire de même, a-t-il observé.
Premiers signes d’une cyber-révolution
Selon l’enquête, un certain nombre d’eurodéputés ont déclaré qu’ils utilisaient ou prévoyaient d’utiliser occasionnellement les outils en ligne tels que les réseaux sociaux, les blogs personnels, les lettre d’informations HTML, les communiqués dans les médiatiques sociaux et les vidéos en ligne. Près de la moitié des eurodéputés devraient se tourner vers le Web 2.0 dans les prochaines années, selon l’enquête.
Le comportement des précurseurs est le même que celui d’Howard Dean lors de la campagne des primaires démocrates en 2004. Sa campagne en ligne a planté les graines de celle de Barack Obama, qui a été couronnée de succès. Ces précurseurs représentent le futur. En maîtrisant ces outils aujourd’hui, ils sont prêts à gagner dans les urnes dans un futur proche, a déclaré Bill Black, le directeur des affaires publiques à Fleishman-Hillard à Washington D.C.
Le réseau social Facebook a grandi de manière exponentielle en Europe, où le nombre d’utilisateurs a connu une augmentation de 314 % pour atteindre presque 100 millions.
Nous pouvons observer pour la première fois les prémices de ce qui sera une cyber-révolution, permettant aux élus et aux électeurs d’interagir à un niveau plus significatif. Je prévois qu’au moment de la prochaine élection, nous verrons une transformation de ces résultats, grâce aux eurodéputés qui auront pris conscience des vrais avantages d’Internet, a conclu M. Stevens.