Un ancien ultranationaliste remporte l'élection présidentielle en Serbie

L'ancien ultranationaliste Tomislav Nikoli? sera le nouveau président serbe. Il a vaincu le président sortant pro-européen, Boris Tadi?, lors du second tour hier (20 mai). Un reportage de BETA, l'agence partenaire d'EURACTIV en Serbie.

EURACTIV.com
Tomislav Nikolic.jpg
Tomislav Nikolic.jpg

L'ancien ultranationaliste Tomislav Nikoli? sera le nouveau président serbe. Il a vaincu le président sortant pro-européen, Boris Tadi?, lors du second tour hier (20 mai). Un reportage de BETA, l'agence partenaire d'EURACTIV en Serbie.

M. Nikoli? a remporté 50,21 % des suffrages, contre 46,77 % pour M. Tadi?, selon les résultats préliminaires publiés par la Commission électorale serbe. Le taux de participation a été inférieur à 50 %.

Le Centre pour des élections libres et la démocratie, une organisation non gouvernementale qui observe chaque scrutin en Serbie, a également annoncé que les dernières estimations ne laissaient planer aucun doute quant à la victoire de M. Nikoli?.

« Seuls 46,3 % de la population s'est rendue aux urnes, le plus bas taux de participation depuis 2004 », a déclaré Marko Blagojevi?, le directeur du centre.

M. Nikoli? est à la tête du Parti progressiste qui a rassemblé le plus grand nombre de voix (24 %) lors des élections législatives du 6 mai, date à laquelle s'est déroulé le premier tour des élections présidentielles. Son parti disposera de 73 sièges au parlement qui en compte 250. La seconde force politique a été celle de M. Tadi?, la coalition « Le choix d'une vie meilleure » qui a récolté 22 % des voix, soit 67 sièges. Le Parti socialiste d'Ivica Da?i? a quant à lui remporté 14,5 % des voix et 44 sièges.

M. Nikoli?, qui avait perdu deux précédents scrutins contre M. Tadi?, a adopté une position pro-européenne depuis 2008, lorsque son parti a décidé de se séparer du Parti radical serbe nationaliste. Ses aspirations européennes restent toutefois à prouver. Le dirigeant historique des radicaux, Vojislav Šešelj, est actuellement poursuivi pour crimes de guerre à La Haye.

Selon les experts, l'élection de M. Nikoli? pourrait compliquer la formation d'un gouvernement. M. Tadi? et le leader socialiste, Ivica Da?i?, étaient quant à eux sur le point de s'accorder sur sa formation.

« La Serbie sous M. Nikoli? devra prouver sa volonté d'avancer vers l'Europe et de conclure des partenariats dans la région », a écrit le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, sur son compte Twitter. M. Bildt est considéré comme l'un des plus éminents spécialistes occidentaux de la Serbie.