Un eurodéputé polonais exhorte Donald Trump à soutenir les demandes de réparations de la Seconde guerre mondiale
L’eurodéputé polonais du parti Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens), Arkadiusz Mularczyk, a adressé une lettre au président élu américain Donald Trump, l’exhortant à soutenir les demandes de la Pologne concernant les réparations pour la Seconde Guerre mondiale par l'Allemagne.
L’eurodéputé polonais du parti Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens), Arkadiusz Mularczyk, a adressé une lettre au président élu américain Donald Trump, l’exhortant à soutenir les demandes de la Pologne concernant les réparations pour la Seconde Guerre mondiale par l’Allemagne.
Dans sa lettre, Arkadiusz Mularczyk félicite Donald Trump pour sa récente victoire à l’élection présidentielle américaine et souligne l’importance de favoriser des relations américano-polonaises solides. Il évoque aussi les questions qu’il a qualifiées d’« extrêmement importantes pour la Pologne » — notamment celle concernant les réparations allemandes pour la Seconde Guerre mondiale. Un sujet qui, selon l’eurodéputé, « nécessite une solution juste depuis des années ».
« La Pologne a subi d’énormes pertes à la suite de l’agression allemande et il est important de développer un partenariat international pour soutenir la Pologne dans sa quête de justice historique », a-t-il écrit sur X.
Dans sa lettre, Arkadiusz Mularczyk écrit également qu’en tant qu’eurodéputé, « il se concentre sur des questions de grande importance pour son pays et ses compatriotes », telles que les réparations de guerre et la coopération transatlantique.
« Nous comptons sur votre soutien. Avec votre aide, nos relations s’approfondiront et notre coopération aura un impact positif sur notre partie de l’Europe », a-t-il ajouté.
Demandes de réparations de guerre
Avant de perdre le pouvoir au profit d’une coalition de quatre partis dirigée par l’actuel Premier ministre Donald Tusk (Plateforme civique, Parti populaire européen) en décembre 2023, le gouvernement PiS a constamment défendu la demande de réparations de la Pologne à l’Allemagne. Une décision critiquée par les partis d’opposition de l’époque et par certains dirigeants européens, qui y voyaient un risque de division au sein de l’Union européenne (UE).
Le PiS a estimé les réparations à 6,22 trillions de zlotys (1,35 trillion d’euros). Ce chiffre, compilé par une commission parlementaire polonaise présidée par Arkadiusz Mularczyk avant son élection au Parlement européen, reflète la destruction des infrastructures et les souffrances subies par la Pologne pendant la guerre, selon la commission parlementaire en question.
L’Allemagne maintient que toutes les questions relatives aux réparations de guerre ont été réglées par des accords antérieurs, y compris avec le gouvernement communiste polonais d’après-guerre. Varsovie, quant à elle, affirme que ces accords ont été imposés sous la pression soviétique et qu’ils ne reflètent pas la souveraineté démocratique actuelle de la Pologne ni ses revendications légitimes.
Lors de la visite du chancelier allemand Olaf Scholz (Parti social-démocrate, Socialistes et Démocrates européens) à Varsovie en juillet, Donald Tusk a laissé entendre qu’il abandonnerait les demandes de réparation, car « d’un point de vue juridique, le problème des réparations a été décrit dans des décisions et des traités gouvernementaux », bien que « l’on puisse en tirer diverses conclusions ».
Selon lui, les plus importantes demeurent les déclarations de Berlin confirmant que la renonciation historique aux demandes de réparation « ne change pas le fait de la grande perte de personnes, de biens et de terres subie par la Pologne à la suite de l’invasion allemande », a-t-il déclaré.
Le président nommé par le PiS, Andrzej Duda, a ensuite fait savoir qu’il n’était pas d’accord avec Donald Tusk sur le fait que les autorités polonaises avaient effectivement renoncé à leurs droits et à leurs demandes de compensation.
Renforcer la stabilité en Europe
Dans son courrier, Arkadiusz Mularczyk salue également la « coopération étroite » de Donald Trump avec Andrzej Duda, sans mentionner le gouvernement, ainsi que les efforts visant à « renforcer la sécurité, le développement économique et la stabilité en Europe ».
Andrzej Duda a entretenu des relations chaleureuses avec Donald Trump au cours de son premier mandat en tant que président des États-Unis, au point de vouloir donner son nom à une base militaire américaine permanente en Pologne.
Donald Tusk, qui a été président du Conseil européen pendant la majeure partie de la première présidence de Donald Trump, n’a pas caché ses divergences avec ce dernier sur un certain nombre de questions, notamment la défense et le commerce.
Souhaitant au nouveau président américain et à son vice-président élu JD Vance « un mandat fructueux », l’eurodéputé s’est dit convaincu que « les relations polono-américaines s’épanouiront » au cours des quatre prochaines années.