Un groupe d’experts européens recommande à la Commission d’intensifier le dépistage du cancer
Le groupe des conseillers scientifiques principaux de l’UE (GCSA) a émis un avis scientifique à la Commission pour renforcer son plan de lutte contre le cancer en Europe. Selon eux, la priorité est d’étendre le dépistage à plus de cancers.
Le groupe des conseillers scientifiques principaux de l’UE (GCSA) a émis un avis scientifique à la Commission pour renforcer son plan de lutte contre le cancer en Europe. Selon eux, la priorité est d’étendre le dépistage à plus de cancers.
Le GCSA se compose de sept scientifiques qui émettent des recommandations de manière indépendante dans le but d’améliorer les échanges entre l’élaboration des politiques et les avis scientifiques au niveau européen.
Dans leur nouvel avis rendu public mercredi 2 mars, les scientifiques du GCSA ont émis une série de recommandations pour lutter contre le cancer en Europe, mettant en lumière la nécessité d’améliorer les programmes de dépistage existants du cancer du sein, du cancer colorectal et du cancer du col de l’utérus.
« L’avis des conseillers scientifiques principaux nous aidera à mettre à jour les lignes directrices sur le dépistage du cancer dans l’UE en nous appuyant sur les connaissances scientifiques les plus récentes, afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles pour tous les Européens », a déclaré Stella Kyriakides, DG SANTÉ à la Commission dans un communiqué de presse en ligne.
Plus importants encore, les scientifiques préconisent d’étendre les programmes de dépistage au cancer du poumon et au cancer de la prostate, tout en les rendant également plus accessibles afin d’accroître le taux de participation des citoyens européens.
Car selon les scientifiques, le cancer est en général diagnostiqué chez des patients qui présentent déjà des symptômes, ou alors il est découvert lors de tests médicaux effectués pour d’autres maladies.
« Les dépistages au sein de la population sont des outils majeurs pour aider à détecter le cancer à un stade précoce, ce qui donne les meilleures chances de survie », a déclaré la Professeure Eva Kondorosi, l’une des membres du GCSA, dans un communiqué de presse en ligne.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en Europe les cancers du poumon, du sein, de l’estomac, du foie et du côlon sont ceux qui causent le plus de décès chaque année.
« La participation aux programmes de dépistage existants du cancer du sein, du col de l’utérus et du cancer colorectal devrait être améliorée, en tenant également compte des facteurs de risque individuels et avec l’aide des technologies émergentes. », a-t-elle ajouté.
Selon les experts du GCSA, il est tout aussi nécessaire de faire progresser la recherche et l’innovation afin de rendre plus efficace le dépistage.
« La recherche et l’innovation font progresser notre compréhension de toutes les phases du cancer et ouvrent la voie à l’amélioration du diagnostic, du traitement et des interventions de soins », selon Mariya Gabriel, commissaire à l’innovation, à la recherche, à la culture, à l’éducation et à la jeunesse.
Plan européen pour vaincre le cancer
Cet avis intervient alors que la Commission doit présenter d’ici la fin de l’année 2022 les conclusions de son plan européen pour vaincre le cancer, créé le 3 février dernier à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer.
« Nous honorons l’une des promesses principales de cette Commission, et présentons aujourd’hui un plan anthropocentrique pour lutter contre le cancer qui aborde tous les aspects : la prévention, le diagnostic, le traitement et la survie », avait déclaré à l’époque le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas.
Ce plan de la Commission fait partie des mesures visant à renforcer l’Union européenne de la santé et s’appuie notamment sur les recommandations du rapport d’initiative de la commission spéciale de lutte contre le cancer du Parlement : la commission BECA.
Les eurodéputés ont adopté mercredi 16 février, à une large majorité, le rapport de la commission BECA qui a œuvré pendant près de quinze mois pour définir de solides bases afin d’éradiquer le cancer en Europe.
Le rapport d’initiative passe au crible plusieurs domaines comme l’alimentation, les perturbateurs endocriniens, la pollution atmosphérique, l’alcool ou encore le tabac et recommande en particulier de mettre davantage l’accent sur la prévention.
D’ici 2035, le cancer pourrait devenir la première cause de décès en Europe, mais il pourrait être évité dans 40% des cas grâce à une meilleure prévention et à un meilleur dépistage, avait déclaré la rapporteure de BECA Véronique Trillet-Lenoir (Renew).