Un partenariat énergétique « ambitieux » entre l’UE et l’Afrique [FR]

Le partenariat comprendra des investissements de plus de 600 millions d’euros afin de lancer un plan d’électrification pour l’Afrique ainsi que des projets d’énergie renouvelable qui aideront à diversifier l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Un autre accord pourrait être conclu mercredi à propos d’un gazoduc transsaharien surnommé le « Nabucco africain ».

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Le partenariat comprendra des investissements de plus de 600 millions d’euros afin de lancer un plan d’électrification pour l’Afrique ainsi que des projets d’énergie renouvelable qui aideront à diversifier l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Un autre accord pourrait être conclu mercredi à propos d’un gazoduc transsaharien surnommé le « Nabucco africain ».

Le commissaire européen chargé du Développement et de l’aide humanitaire Louis Michel et son collègue en charge de l’Energie Andris Piebalgs ont lancé ensemble un partenariat hier 8 septembre avec les représentants de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Le partenariat comprend un communiqué commun sur « un plan d’action du partenariat Afrique-UE pour l’énergie », signé avec le Dr. Elham Mahmoud Ahmed Ibrahim, membre de la Commission de l’Union africaine responsable des infrastructures et de l’énergie. 

Le communiqué souligne « l’urgente nécessité de promouvoir la production d’électricité en Afrique » et « a convenu de lancer dès que possible le processus d’élaboration d’un plan directeur de l’électricité pour l’Afrique ». La Commission a fait savoir que le plan directeur et le communiqué commun seront officiellement approuvés lors d’une réunion UA/EU le 1er octobre à Bruxelles.

Cette initiative fait partie d’un dialogue énergétique plus vaste entre l’UE et l’Afrique. Ce dialogue comprendra des réunions régulières entre les deux parties, notamment avec une réunion ministérielle UE/UA de haut niveau sur l’énergie qui sera organisée tous les deux ans. Des réunions régulières entre experts seront également organisées au moins une fois par année afin de coordonner les différentes activités prévues par le plan d’action. Dans le cadre des réunions ministérielles, un forum impliquant la société civile, des instituts de recherche et le secteur privé des deux continents sera organisé tous les deux ans.

Ferran Tarradellas, porte-parole de M. Piebalgs, a indiqué que le partenariat nécessiterait les sommes suivantes du budget européen : 

  • 220 millions d’euros alloués à 77 projets du 9e Fonds européen de développement (49 projets sur les sources d’énergie renouvelable ; un projet sur le rendement énergétique ; un projet sur le GPL ; 11 projets sur la gouvernance ; 15 projets sur l’extension du réseau).
  • 10 millions d’euros alloués au soutien des quatre groupements énergétiques régionaux africains. 
  • 146 millions d’euros du FED et 250 millions d’euros de la banque européenne d’investissement pour soutenir des projets d’infrastructures. Ces sommes prendront la forme de bonifications d’intérêts, de subventions directes pour des primes d’assurances, d’assistances techniques et d’études de faisabilité. 

Par ailleurs, la Commission européenne a indiqué qu’elle prévoit de mettre d’autres sommes à disposition à l’avenir. M. Tarradellas a déclaré que ces sommes pourraient comprendre : 

  • 88 millions d’euros du 10e FED pour les pays qui ont identifié l’énergie comme un des secteurs pour l’aide bilatérale au développement. 
  • 200 millions d’euros au titre de la Facilité ACP-UE pour l’énergie II actuellement en préparation (cette somme couvrira des activités sur l’énergie renouvelable, le rendement énergétique et le transport ainsi que sur la répartition de l’électricité et la gouvernance). 
  • Près de 300 millions d’euros du partenariat euro-africain en matière d’infrastructures et de son fonds fiduciaire (cette somme couvrira des investissements dans le transport de l’énergie en Afrique et dans des réseaux TIC). 

Un accord sur le « Nabucco africain » ?

La visite des deux commissaires devrait se poursuivre aujourd’hui au Nigeria, où ils rencontreront le président nigérian Yar’Adua mercredi.  

Selon M. Tarradellas, le Nigeria, qui détient de nombreuses réserves de gaz et de pétrole, pourrait devenir un partenaire important des efforts de diversification de l’UE. Les compagnies pétrolières européennes, notamment Shell, Total et ENI, ont considérablement investi au Nigeria et sont susceptibles d’investir davantage.

Il a ajouté que le projet de gazoduc transsaharien pourrait devenir une infrastructure clé et attirer les investissements des sociétés européennes. Selon le porte-parole, le Nigeria et l’Algérie semblent très enthousiastes à l’idée de ce projet.

Une conférence, qui s’est tenue à Bruxelles l’année dernière, a eu pour objectif d’attirer des partenaires pour le projet. Celui-ci impliquerait  la société algérienne Sonatrach ainsi que la Nigerian National Petroleum Corporation. Une fois achevé, le gazoduc pourrait transporter près de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian sur plus de 4 300 km de désert. Il traverserait l’Algérie avant d’aboutir  aux marchés européens. Selon les plans actuels, le gazoduc pourrait entrer en service à compter de 2015.