Un rapport dépeint un sombre tableau de l'Ukraine

Un rapport publié par la fondation ukrainienne pour la démocratie dépeint un bien triste tableau montrant un pays peinant à moderniser son économie et à établir l'Etat de droit.

EURACTIV.com
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Un rapport publié par la fondation ukrainienne pour la démocratie dépeint un bien triste tableau montrant un pays peinant à moderniser son économie et à établir l'Etat de droit.

Ce rapport s'inspire surtout d'études et de classements mondiaux réalisés par diverses organisations internationales, des ONG et des médias d'information.

Les points les plus alarmants concernent la santé des citoyens ukrainiens. Le taux de séropositivité, le trafic d'êtres humains et les décès dans les mines de charbon ont tous augmenté entre 2010 et 2011.

Une économie en péril

Les pires résultats concernent cependant l'économie du pays. Entre 2010 et 2011, l'Ukraine a perdu sept places dans le classement réalisé par la Banque mondiale sur les investissements pour le climat et dans celui du magazine Forbes sur les conditions favorables aux entreprises. Ce rapport met également en exergue la diminution frappante du nombre de petites et moyennes entreprises.

L'économie ukrainienne s'est sévèrement contractée lors de la crise financière mondiale de 2008-2009. La fondation People First cite des données montrant que la proportion d'Ukrainiens vivant sous le seuil de pauvreté a grimpé de 12,5 % en 2008 à 13,8 % en octobre 2011.

« Le gouvernement a réduit le budget du ministère de la protection sociale de 17,16 % pour 2012, alors qu'il a dépensé près d'un milliard de dollars (774 millions d'euros) pour l'Euro 2012 de football et qu'il a augmenté le budget des dépenses de l'administration de 45 millions de dollars (35 millions d'euros) », peut-on lire dans le rapport.

La relance économique de l'Ukraine reste lente en raison de l'évolution de la situation dans les autres pays. De nombreux Etats membres de l'Union européenne, le principal partenaire commercial du pays, peinent à relever leurs propres défis économiques.

Au printemps dernier, le Fonds monétaire international a gelé un programme de prêt à l'Ukraine, dans la mesure où le gouvernement n'était pas parvenu à augmenter les prix du gaz et à réduire les dépenses du gouvernement. Le gouvernement ukrainien tente de négocier avec la Russie sur ses importations de gaz naturel.

Le ministre des finances, Fedir Iarochenko, a démissionné hier (19 janvier). La raison en serait des tensions au sein du gouvernement sur les résultats de l'économie.

Un climat politique difficile

Sur le plan politique, la situation n'est guère plus reluisante Le rapport cite des évaluations négatives de la part de Reporters sans frontières, une organisation de défense de la liberté de la presse, et de l'Economist Intelligence Unit.  Dans le dernier Democracy Index annuel, l'Ukraine est passée de la 67e place en 2010 à la 79e place en 2011, entrant ainsi dans la catégorie des pays « partiellement libres ».

L'UE s'est montrée très critique face aux derniers évènements qui ont secoué l'Ukraine, notamment le procès « politiquement motivé » de l'ancienne première ministre, Ioulia Timochenko, qui a été condamnée pour abus de pouvoir. En raison de ces différends, l'Ukraine et l'UE ne sont pas parvenues à signer un accord d'association lors d'un sommet en décembre dernier.

Le rapport mentionne également l'échec cuisant du gouvernement s'agissant de la lutte contre la corruption. La fondation explique que le pays est passé de la 134e à la 152e place dans le Corruption Perception Index de Transparency International. L'Ukraine est donc la moins bien classée d'Europe, juste derrière la Russie.