Un rapport tchèque met en garde contre les manœuvres russes visant à saper le soutien à l’Ukraine

La République tchèque fait face à des opérations d’information ciblées visant à réduire le soutien à l’Ukraine, révèle un récent rapport du Centre national tchèque de lutte contre la criminalité organisée (NCOZ).

EURACTIV République tchèque
Consulate General of the Czech Republic in Dresden
« La République tchèque a réussi à s’établir en tant qu’économie de marché stable au sein de l’Union européenne grâce à un travail acharné », a déclaré Lukáš Vlček au moment de présenter sa stratégie de transformation de l’économie ce mardi 8 octobre. [Robert MICHAEL/DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP]

La République tchèque fait face à des opérations d’information ciblées visant à réduire le soutien à l’Ukraine, révèle un récent rapport du Centre national tchèque de lutte contre la criminalité organisée (NCOZ).

Selon le NCOZ, une tendance alarmante de menaces dites hybrides s’intensifie en République tchèque ainsi que dans d’autres États membres de l’UE.

Les activités russes visent à influencer la population des pays d’Europe occidentale tout en augmentant la menace de sabotage contre les infrastructures critiques et de transport.

« Des opérations d’information sont en cours dans notre espace pour démoraliser progressivement le débat public afin que les récits russes puissent être diffusés. Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’une guerre de l’information visant à stopper le flux d’aide matérielle à l’Ukraine en difficulté », a avertit le NCOZ.

Les autorités tchèques observent également une tendance croissante à travers l’Europe : les résidents et les réseaux criminels sont davantage impliqués dans diverses activités.

Celles-ci comprennent la collecte d’informations, l’identification de cibles, la mise sous pression d’individus spécifiques, tels que ceux de la diaspora en exil, et même des attaques directes contre des infrastructures et des lieux publics.

La méthode de recrutement pour ces activités s’apparente aux tactiques utilisées par les radicaux islamistes, le NCOZ notant que « les transferts d’argent électronique facilitent le financement de telles opérations ».

La confrontation avec la Russie au sujet de la guerre en Ukraine a considérablement augmenté le risque d’attaques démonstratives visant à répandre un sentiment de peur au sein de la population.

Le NCOZ a également observé un déplacement des « structures criminelles post-soviétiques » vers l’Europe, ce qui pourrait conduire à leur présence permanente dans l’espace Schengen, y compris en République tchèque.

Des stratégies pour contourner les sanctions internationales contre la Russie, comme l’exportation de marchandises via des pays tiers et les tentatives des personnes sanctionnées pour éviter le gel de leurs avoirs, ont aussi été identifiées.

« Les tentatives du Kremlin pour diminuer la confiance du public dans les institutions et l’État ne sont pas nouvelles, mais l’augmentation de l’intensité des opérations d’influence est une menace », a déclaré Otakar Foltýn, coordinateur tchèque de la communication stratégique, à ČTK, en réaction au rapport du NCOZ.

Dans le même temps, le vice-premier ministre tchèque Marian Jurečka (KDU-ČSL) a souligné la nécessité d’une société éduquée et dotée d’un esprit critique pour contrer ces menaces hybrides.

« Cette question est persistante depuis plusieurs années, l’influence russe et chinoise tentant d’infiltrer la société tchèque », a-t-il expliqué.

« Nous devons cultiver une société capable de penser de manière critique, de résister à la désinformation et de ne pas succomber à la peur », a ajouté le vice-premier ministre.