Une dizaine d’individus interpellés après les émeutes à Bruxelles en marge du match Belgique-Maroc

La police belge a interpellé une dizaine de personnes et procédé à une arrestation dimanche (27 novembre) après la victoire du Maroc face à la Belgique lors du match de Coupe du monde au Qatar qui a engendré des émeutes à Bruxelles.

EURACTIV.com avec agences
FIFA World Cup 2022 – Clashes in Brussels
Des centaines de policiers, dont certains ont été la cible de jets d’objets, sont intervenus avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes afin de maîtriser les émeutes dans le centre-ville. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

La police belge a interpellé une dizaine de personnes et procédé à une arrestation dimanche (27 novembre) après la victoire du Maroc face à la Belgique lors du match de Coupe du monde au Qatar qui a engendré des émeutes à Bruxelles.

Des centaines de policiers, dont certains ont été la cible de jets d’objets, sont intervenus avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes afin de maîtriser les émeutes dans le centre-ville.

« Vers 15 h 22, des dizaines de personnes, dont certaines étaient encagoulées, ont cherché la confrontation avec les forces de l’ordre, ce qui a compromis la sécurité publique », a déclaré une porte-parole de la police à l’agence de presse Belga.

« Il y a eu utilisation de matériel pyrotechnique, des jets de projectiles, des bâtons et un conteneur a été incendié sur la voie publique. […] On déplore aussi la destruction d’un feu de signalisation ainsi que l’encerclement d’un véhicule avec occupant […]. Un journaliste a également été blessé au visage par des feux d’artifice », a exposé la porte-parole.

Les émeutes ont également perturbé le trafic routier puisque la police a fermé la circulation sur le boulevard du Midi et a ordonné au réseau de transport public de la STIB de fermer certaines de ses lignes.

Des incidents ont également éclaté dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, ainsi qu’à Anvers et Liège.

Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, a réagi aux incidents sur Twitter, déclarant qu’il « condamne avec la plus grande fermeté » les incidents qui se sont déroulés dans l’après-midi. Il a également indiqué que la police était « intervenue fermement » pour « maintenir l’ordre public ».

« J’ai demandé à la police de procéder aux arrestations administratives des fauteurs de troubles », a-t-il ajouté.

Sur Radio 1 ce lundi matin, il a également affirmé que les participants à ces émeutes n’étaient pas des supporters mais bien des « crapules ».

« Je sais que beaucoup de supporters marocains étaient là pour le football, mais ceux qui se trouvaient là [pendant les émeutes] n’étaient pas là pour le football », a-t-il expliqué.

Les Marocains représentent la plus grande population d’immigrés d’origine non européenne en Belgique, et la majorité d’entre eux sont les descendants d’une vague d’immigration faisant suite à la convention belgo-marocaine relative à l’occupation de travailleurs marocains en Belgique datant de 1964.

La ministre belge de l’Intérieur Annelies Verlinden, qui a récemment proposé un projet de loi pour lutter contre le « hooliganisme » dans les stades, a elle aussi réagi aux incidents sur Twitter.

« Triste de voir quelques personnes profiter de la situation pour provoquer une émeute. Un grand merci à nos forces de police qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre fin à cela et feront tout ce qu’ils peuvent dans les prochains jours pour identifier les émeutiers. »

Par ailleurs, Mme Verlinden et le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, ont envoyé dimanche une circulaire à tous les maires et chefs des forces de police portant sur les moyens de combattre la violence à l’encontre la police.

Déroulement des faits

Au début du match, une foule s’est formée dans le centre de Bruxelles, dans la zone piétonne près du Palais du Midi. Des dizaines de jeunes se sont rassemblés, certains arborant le drapeau du Maroc.

La tension est montée lorsque l’arbitre du match a refusé le premier but du joueur marocain Hakim Ziyech, puis est encore montée d’un cran au début de la seconde mi-temps. Les quelque 150 jeunes présents entre la Bourse et la Gare du Midi se sont alors emportés. Une poubelle a été incendiée et des pétards et feux d’artifice ont été lancés.

Les jeunes ont ensuite attaqué les véhicules qui passaient et une voiture de location vide a été endommagée, entraînant des échauffourées avec la police.

De nombreuses trottinettes électriques et une voiture ont également été incendiées.

Les membres du comité exécutif du média belge RTBF ont immédiatement réagi à ces évènements, indiquant que « toute agression de membre de nos équipes présent sur le terrain sera poursuivie et fera l’objet d’une plainte en justice. Le relais de ce qui se passe ici ou ailleurs par nos journalistes et nos équipes est au cœur de notre mission d’information. Il doit pouvoir se mener en toute indépendance, élément clé de nos démocraties. Leur travail doit être respecté et plus que tout, l’intégrité de leur personne ».

[Complément de reportage par Georgi Gotev]