Une étude soulève de nouvelles questions sur le stockage de CO2 [FR]
Selon une étude menée par le gouvernement américain, la capture et le stockage de CO2 dans le sous-sol, une solution envisagée pour lutter contre le réchauffement planétaire, pourrait présenter des risques pour l'environnement.
Selon une étude menée par le gouvernement américain, la capture et le stockage de CO2 dans le sous-sol, une solution envisagée pour lutter contre le réchauffement planétaire, pourrait présenter des risques pour l’environnement.
Des chercheurs américains qui ont injecté du dioxyde de carbone dans une nappe de pétrole épuisée au Texas ont conclu que cela provoque la dissolution des minéraux présents dans le sous-sol, suscitant ainsi de nouveaux doutes quant à la viabilité de la technique de la capture et du stockage de CO2 comme solution au problème du réchauffement climatique.
Yousif Kharada, le géochimiste à l’origine de cette étude, précise que les 1 600 tonnes de CO2 liquide injectées dans le sous-sol ont modifié l’acidité des minéraux, provoquant leur dissolution. Selon lui, cette évolution a des conséquences pour l’environnement car le CO2 liquide pourrait alors s’infiltrer dans les nappes phréatiques ou remonter dans l’atmosphère et augmenter ainsi l’effet de serre. Les résultats de cette étude, menée en octobre 2004, ont été publiés dans l’édition de juillet 2006 de la revue Géologie.
Des projets expérimentaux utilisant la technique de la capture et du stockage de CO2 (CCS) sont actuellement en cours de réalisation dans le monde. Cette technique devrait permettre de tenir la promesse d’un avenir où les carburants fossiles, tels que le pétrole ou le charbon, ne provoqueraient plus de rejet de CO2, le principal gaz responsable du rechauffement planétaire.
En Europe, le principal projet consiste à injecter du CO2 liquide dans des nappes de pétrole de la Mer du Nord afin que celui-ci remonte à la surface plus facilement. Ce programme est soutenu par les gouvernements norvégien et britannique et doit être mis en place d’ici à 2020 par les entreprises Shell et Statoil.
La Commission européenne doit présenter, à la fin de 2006, un document d’orientation sur la capture et le stockage de CO2, qui portera sur l’utilisation de cette technique afin de réduire les émissions provenant de l’ensemble des énergies fossiles, notamment le charbon.