Une ONG décide de traduire la Constitution hongroise
L’ONG Hungarian Helsinki commitee publie une nouvelle traduction en anglais du texte jugé "dangereux" par certains parlementaires européens.
L’ONG Hungarian Helsinki commitee publie une nouvelle traduction en anglais du texte jugé « dangereux » par certains parlementaires européens.
Après la dénonciation par la presse hongroise de la fausse version envoyée aux parlementaires, l’ONG Hungarian Helsinki commitee publie une nouvelle traduction corrigée de la future Constitution hongroise.
Ce texte ultra conservateur, que le gouvernement de droite de Viktor Orban compte faire adopter au printemps, rappelle d’anciennes traditions identitaires de la nation hongroise.
La traduction du texte présenté aux médias par son auteur, le parlementaire européen et membre du Fidesz, Jozsef Szafer (PPE), était en effet truffé d’omissions, d’erreurs de traduction et d’ajouts.
L’ONG compare, article par article, la version originale et la version présentée officiellement. Le second texte est beaucoup moins détaillé et plusieurs paragraphes ont été supprimés.
Ce nouvel élément viendra sans doute renforcer la colère de certains députés européens. A l’occasion de la présentation du texte à Bruxelles, le 29 mars, les parlementaires ne se sont en effet pas génés pour critiquer la Constitution.
Les eurodéputés haussent le ton
« L’État sera complètement réorganisé, tous les équilibres mis en place seront perturbés », a déclaré l’eurodéputé hongrois Lajos Bokros, pourtant membre du parti conservateur et réformiste au Parlement européen. Il a d’ailleurs eu bien du mal à s’exprimer pendant le débat, Jozsef Szafer refusant de lui céder la parole.
« Le président de la Cour constitutionnelle, celui de la Cour suprême, et le président des libéraux hongrois, se joignent à moi pour critiquer cette Constitution », a ajouté M. Bokros.
Un texte dangereux
D’autres eurodéputés n’ont également pas mâché leurs mots. La britannique Sarah Ludford (ADLE) a constaté que cette Constitution « n’avait rien de libéral». « Et pourtant je suis libérale », a-t-elle ajoutée.
Elle a aussi relevé les points sensibles qui font déjà polémique en Hongrie. La conception traditionnaliste de la famille, les voix supplémentaires accordées aux familles, « matière à de sérieux contentieux », a-t-elle averti. Par ailleurs la députée s’est étonnée que le châpitre consacré aux discriminations ne fasse pas mention des discriminations sexuelles.
« C’est un texte irrédentiste et dangereux », a-t-elle conclu.
L’ensemble de ces réactions laisse prévoir un débat au sein de l’Union européenne. Le Conseil de l’Europe a d’ailleurs annoncé qu’il rédigerait un avis sur le texte, probablement après son vote, prévu mi-avril.
Les députés européens ont demandé si cet avis ne pouvait pas être rendu public avant le vote de la Constitution.