Verheugen : "La principale tâche politique des commissaires est de contrôler les fonctionnaires" [FR
Le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, a appelé à des réformes radicales de l'exécutif européen, en vue notamment de réduire le nombre de DG et de supprimer certains pouvoirs des fonctionnaires.
Le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, a appelé à des réformes radicales de l’exécutif européen, en vue notamment de réduire le nombre de DG et de supprimer certains pouvoirs des fonctionnaires.
Dans un entretien avec le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, G. Verheugen a déclaré qu’au fil des ans, le pouvoir des hauts fonctionnaires avait tellement augmenté que « parfois le contrôle sur l’institution se perd ». Selon lui, les commissaires « doivent veiller comme des faucons à ce que les décisions importantes soient prises lors de leur réunion hebdomadaire, et non par les fonctionnaires entre eux. »
Le commissaire chargé des entreprises et de l’industrie continue en déclarant que « sous la surface » a lieu « une guerre de territoire permanente entre les commissaires et les hauts fonctionnaires » et ajoute : « J’estime que trop de décisions sont prises par les fonctionnaires. J’ai été consterné par certaines lettres de fonctionnaires de la Commission, adressées aux Etats membres, qui étaient « techniques, arrogantes et condescendantes ».
Dans ce récent entretien, G. Verheugen réitère et radicalise les critiques qu’il avait déjà faites sur le fonctionnement interne de la Commission dans un entretien avec EURACTIV en août 2005, où il déclarait : « Il est toujours difficile de convaincre nos services que nous avons un nouvel esprit et une nouvelle approche, que nous ne voulons pas la réaction typique, ‘Quelque chose vient d’une autre DG? Nous sommes contre. N’intervenez pas dans notre domaine’. Vous savez – la guerre de territoire classique. Selon moi, même pour une organisation internationale, la Commission passe trop de temps et dépense trop d’énergie dans la coordination interne. »
Dans son entretien avec le Süddeutsche, G. Verheugen souligne que de nombreux fonctionnaires se disent que « le commissaire sera parti dans cinq ans, donc ce n’est qu’un squatteur temporaire, alors que moi, je resterai ici. » Il précise qu’il ne s’agit pas « de regagner le contrôle politique de la situation, mais d’établir une nouvelle culture politique au sein de la Commission, » où l’autonomie financière serait transférée des directeurs-généraux aux commissaires et où ces derniers auraient le droit de remplacer les hauts fonctionnaires.