Visas : La France réticente à de nouvelles discussions
Après les expulsions controversées par la France d’immigrants illégaux roms, Paris a signifié ses réticences à la levée des exigences de visas pour les citoyens bosniens et albanais.
Après les expulsions controversées par la France d’immigrants illégaux roms, Paris a signifié ses réticences à la levée des exigences de visas pour les citoyens bosniens et albanais.
La France serait très réticente à la poursuite des négociations sur la libéralisation des visas avec les pays des Balkans occidentaux, selon des informations du Monde en date du 1er octobre. Paris craint les risques associés à une plus grande ouverture des frontières de l’UE. « La Commission veut une mesure, mais ne s’occupera pas de ses impacts négatifs », précise un haut diplomate français.
Selon lui, ce sont les États membres de l’UE, qui, in fine, auront à traiter des questions d’immigration et de sécurité résultant de la levée des barrières de visas avec les Balkans occidentaux (voir «Contexte»).
S’adressant à l’Assemblée nationale le 29 septembre, le secrétaire d’État aux Affaires européennes Pierre Lellouche a indiqué que, selon lui et le gouvernement, la politique des visas était une «question de sécurité ». «L’année dernière, les pays de l’ex-Yougoslavie ont vu la levée de leur obligation de visas. Ceux qui restent sont l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine. Chaque fois, c’est un exercice très délicat. Ma position, et je pense celle du gouvernement, est que la question des visas est une question de sécurité. Ce n’est pas seulement un cadeau diplomatique que nous offrons en court de route », a déclaré M. Lellouche.
Il a ajouté que la France demanderait « des garanties de sécurité » à l’Albanie et la Bosnie avant de donner son feu vert pour lever la levée des visas pour ces pays.
Décision finale du Parlement et des États membres
Interrogé par EURACTIV.com, le porte-parole de la commissaire aux Affaires intérieures Cecilia Malmström, Michele Cercone, a déclaré que la Commission avait fait son travail, à la fois en proposant la libéralisation des visas et en ayant vérifié que tous les critères nécessaires avaient été remplis. « Maintenant que tous les critères sont remplis, c’est au Parlement et au Conseil d’adopter la décision finale », a précisé M.Cercone.
Le Parlement européen est très largement favorable à l’extension de la libéralisation des visas à la Bosnie et à l’Albanie. Le rapporteur du Parlement sur le sujet, la slovène Tanja Fajon (S&D) a récemment fortement appelé au choix d’une date pour mener les négociations avant la fin de l’année.
Mardi 28 septembre 2010, la commission parlementaire des libertés civiles, justice et affaires intérieures a adopté le projet de résolution pour la libéralisation des visas pour l’Albanie et la Bosnie avec 49 voix pour et seulement deux abstentions.
CALENDRIER :
7 octobre: Discussion et vote au Parlement européen sur la levée des visas pour les Bosniens et les Albanais