YouTube lance une chaîne en ligne des élections européennes [FR]

Le diffuseur en ligne YouTube et la chaîne de télévision Euronews ont lancé hier (5 mai) un nouveau service de diffusion pour mettre en relation les électeurs et les candidats avant les élections européennes du mois prochain.

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Le diffuseur en ligne YouTube et la chaîne de télévision Euronews ont lancé hier (5 mai) un nouveau service de diffusion pour mettre en relation les électeurs et les candidats avant les élections européennes du mois prochain.

Le projet « Questions for Europe » cherche à encourager les candidats, les électeurs et les experts à s’engager à un dialogue par le biais de la vidéo en ligne.

Le projet, qui sera activé pour le public plus tard dans la semaine, compte d’abord sur le contenu généré par les utilisateurs, en invitant les citoyens à soumettre des questions aux candidats en télécharger des vidéos sur une chaîne dédiée de YouTube, un portail communautaire de vidéo en ligne, propriété du géant américain Google. 
Euronews diffusera une sélection des questions – et les réponses des eurodéputés, des représentants des think-tank et d’autres commentateurs de Bruxelles– à la fin de ses nouvelles télévisées toutes les demi-heures, qui atteint 256 millions de foyer dans 144 pays.

Le projet encouragera aussi les reporters à puiser dans les vidéos pour y trouver l’inspiration pour leurs propres entretiens. 

Des échos de MyBarackObama.com 

« Questions for Europe » cherche à s’inspirer du succès rencontré par la campagne de communication de Barack Obama pour les élections présidentielles, a déclaré Bill Echikson, premier directeur pour la communication chez Google. 

Le fait d’avoir recouru à des outils en ligne innovants pour impliquer les citoyens a selon les analystes joué un rôle central dans la victoire de l’ancien sénateur de l’Illinois (EURACTIV 04/11/08).

Le Parlement européen et l’exécutif de l’UE ont déjà leur propres chaînes YouTube, mais les supporteurs de Questions for Europe ont souligné que la nouvelle initiative était complètement indépendante de la préparation des institutions européennes pour les élections. 

Il n’y a pas de partenariat officiel avec les institutions de l’UE, a affirmé M. Echikson, et pas non plus de partenariat officiel avec les candidats ou partis politiques, a ajouté , » added Michael Peters, l’administrateur délégué d’Euronews et membre du conseil. 

Interrogé sur la nature des motifs derrière le projet, M. Echikson a expliqué qu’ils se sont rappelés le phénomène Obama « Yes we can », et demandé s’ils pouvaient le reproduire en Europe. Il est trop tôt, continue-t-il, pour dire si l’action va décoller comme « Yes we can ». C’est une expérience, c’est quelque chose de neuf, a-t-il ajouté. 

Un vernis chatoyant n’est pas toujours une marque d’authenticité, en politique, a ajouté Aaron Ferstman, le directeur des communications politiques chez YouTube. Le matériau brut se révèle parfois bien meilleur, ce qui est la source d’où vient YouTube, a-t-il expliqué.

Pas un exercice de marketing

Rejetant les insinuations selon lesquelles l’opération toute entière ne serait qu’un exercice de marketing pour les intéressés, M. Peters a affirmé que ce projet tournait autour du fait de donner des réponses concrètes et professionnelles aux questions individuelles. 

Il s’agit d’éduquer les gens, a-t-il continué.  Nous essayons d’être un peu le Wikipédia des élections européennes, dit-il : il s’agit de diffuser largement un contenu intelligent et généré par l’utilisateur.

Il s’agit aussi d’avoir les bonnes questions au bon moment quand nous interrogeons des eurodéputés. Il est hors de question d’utiliser notre partenariat avec YouTube dans un but de marketing, a-t-il conclu. 

L’euroscepticisme est le bienvenu

Certains observateurs présents au lancement d’hier ont suggéré que la chaîne pourrait devenir un carrefour des eurosceptiques, car la plupart des contributions publiques à de telles initiatives ont eu plutôt tendance à être anti-UE.

Nous ne craignons pas qu’elle devienne une chaîne eurosceptique, a-t-il ajouté : nous savons qu’il y aura surtout des eurosceptiques, et nous les attendons. Il nous faut tous les points de vue pour sur le sujet pour être crédibles, a insisté M. Peters pour Euronews. S’il vous plait, messieurs les eurosceptiques, venez à nous !, a-t-il demandé. 

Ce n’est pas la première fois que YouTube est pointé du doigt comme étant un havre pour les eurosceptiques. Une interpellation récente de l’eurodéputé anglais conservateur Daniel Hannan a enregistré plus de 2,25 millions de visites sur le site après avoir s’être à l’origine répandu viralement au travers de blogs.

En effet, un officiel haut placé de la Commission a confié, lors d’un séminaire de la Fondation Konrad Adenauer le mois dernier, que malgré le fait que les partis eurosceptiques disposent de ressources limitées, ils ont un esprit créatif pour faire diffuser leur message dans les nouveaux médias (EURACTIV 28/04/09). 
Inversement, l’exécutif européen et les partis établis sont trop lents pour réagir aux nouveaux médias, a-t-il déploré.

Mais M. Ferstman, de YouTube, a rejeté hier la suggestion que le nouveau site deviendrait un refuge du sentiment anti-EU. C’est aux partis passés sous silence de sortir du rang et de donner de la voix. Ils pourraient ajouter des réponses vidéo aux opinions déjà présentes sur le site, ou monter leur propre chaîne, a-t-il dit. 

Les Européens se rendront aux urnes du 4 au 7 juin pour élire la prochaine assemblée de l’UE.